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Contre infos...

L'essentiel des informations que l'on entend ces jours-ci sur les chaînes de la radio publique concernent l'affaire de la petite Rom expulsée au Kosovo, celle de la petite blonde trouvée dans un camp de Roms en Grèce, l'espionnage à grande échelle pratiqué par les Américains... En somme, on étale une histoire tordue d'expulsion pour étouffer des dizaines d'autres plus claires et plus scandaleuses, on porte au niveau international un soi-disant vol d'enfant pour justifier une politique raciale, on présente comme une découverte ce que tout le monde savait depuis des années pour éviter d'avouer que tous les pays en font autant...

En revanche, pas un mot sur les violences policières contre les militants du DAL le 19 octobre dernier. Une dizaine de personnes ont porté plainte, a précisé leur porte-parole, Jean-Baptiste Eyraud, certaines pour «violences», d'autres pour «séquestration», après des incidents qui ont opposé samedi des militants aux forces de l'ordre, place de la République à Paris. Lui-même a porté plainte pour violences et séquestration. Il fait état de deux côtes fracturées, attestées par un certificat médical.

Quand Panagiotis Grigoriou dans son blog parle de la "méta-démocratie" que subit son pays, des violences policières essentiellement dirigées contre les militants alternatifs, anarchistes, anti-autoritaires et non envers la droite, des exclusions sociales qu'induisent les politiques de rigueur, des médias qui noient la réalité sous de l'anecdotique, il ne fait que nous prévenir. La France suit exactement le même chemin que la Grèce, Hollande vire à droite autant qu'un Papandréou, le PS est aussi crédible que le PASOK, la police est bien là pour étouffer toute velléité de révolte...

A propos de la Grèce, je vous signale la sortie du livre de Panagiotis aux éditions Fayard et dont voici la quatrième de couverture:

Contre infos...

La Grèce fantôme

En mai 2010, le FMI, l’Union européenne et la BCE, ont missionné leurs experts et mis le pays sous leur tutelle : Trois ans plus tard, au lieu d’un redressement des finances, on assiste à un effondrement du pays et à une catastrophe humanitaire. La Grèce n’est plus que le fantôme d’elle-même. Panagiotis Grigoriou fait la chronique de la vie effroyable en temps de crise financière. Historien et ethnologue ayant longtemps enseigné en France, il choisit de vivre à Athènes en 2008 : dès le déclenchement des événements, il décide de rapporter le quotidien des Grecs dans un blog, Greek Crisis, qui connaît un succès immédiat. Ces histoires sont celles de la classe moyenne qui disparaît partiellement du monde du travail, des actifs tous touchés par le chômage et, pour les plus « chanceux » d’entre eux, contraints à prendre le chemin de l’exil. Il dit le désespoir des petits commerçants, des étudiants, des diplômés ou encore des retraités, à la recherche de stratégies de rechange, souvent dérisoires ou impossibles : quitter le pays, changer de secteur d’activité, se répolitiser, se dé-socialiser, ou encore se suicider ou se laisser mourir… Ce sont les seules alternatives laissées à une population totalement déstabilisée, qui n’a plus d’autre perspective que sa survie immédiate. La crise ne s’est pas abattue sur la Grèce à cause des errements réels et avérés de sa classe politique. L’explosion de la dette du pays n’est pas la seule cause : la Grèce a été choisie comme laboratoire des politiques d’austérité, elle est soumise à une expérience-limite. La Grèce fantôme se veut aussi une réflexion sur le projet européen et ses incohérences, voire ses faillites.

Panagiotis Grigoriou a contribué à l’élaboration du film documentaire Khaos. Les visages humains de la crise grecque, réalisée par Ana Dumitrescu (2012).