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L'avenir ne peut se bâtir sur la Mort!

Suite de l'article du 3 décembre: Nikos Romanos (21 ans) a été arrêté en février 2013 avec deux camarades, après le casse raté, très artisanal et sans violences, d’une petite banque provinciale. Ces trois anarchistes avaient été battus à un point tel par la police que la presse avait cru bon de maquiller leurs photos ! Les médias ont alors insisté sur le caractère inacceptable du braquage, sur la soi-disant violence des anarchistes, oubliant que le 6 décembre 2008, Nikos a vu mourir dans ses bras Alexis Grigoropoulos, son ami d’enfance alors âgé de 15 ans, tué par le tir de grenade d’un policier. La violence d’État est légale ! Nikos a été condamné à 15 ans et 11 mois de prison. Il a demandé à bénéficier, comme le permet la loi, d’un droit de sortie pour entamer des études supérieures. Le pouvoir, en réponse, veut condamner à nouveau Nikos pour « appartenance à une organisation criminelle », ce qui interdirait toute sortie. Le 10 novembre dernier, Nikos a entamé une grève de la faim pour protester contre cet acharnement du pouvoir. Il est aujourd’hui hospitalisé et en danger de mort.

Les braqueurs après arrestation
Les braqueurs après arrestation

C’est en soutien à ce jeune de 21 ans que les Grecs descendent aujourd’hui dans la rue et que les étudiants occupent l’école polytechnique d’Athènes. Les parents de Nikos, l’essayiste Pavlina Nasioutzik et le médecin Giorgos Romanos, ont publié une lettre ouverte. Ils y expliquent que le ministre de la justice, M. Athanassiou, ment quand il affirme que Nikos absorbe des aliments liquides, quand il feint de ne pouvoir joindre les parents par téléphone alors que ceux-ci attendent impatiemment au bout du fil, etc. « La Grèce pleurera dans quelques jours son premier prisonnier politique mort des suites d’une grève de la faim. On ne peut bâtir l’avenir sur la Mort », écrivent-il.

Yannis Youlountas en action.
Yannis Youlountas en action.

Depuis l’École Polytechnique occupée, Yannis Youlountas écrit: " Nikos Romanos est devenu un symbole de toutes les violences actuellement subies par la population, mais aussi du profond désir de lutter, quelle que soit la forme, et de refuser la torpeur et la résignation[…] l’École Polytechnique est à nouveau occupée depuis le premier décembre, 41 ans après avoir défié avec succès la Dictature des Colonels en novembre 1973, au cours d'une occupation similaire pour défendre une radio libre qui s'opposait au régime autoritaire…"

"Hier, douze insurgés arrêtés ont été violemment frappés, au point que trois d'entre eux souffrent de fractures du crâne. L'occupation de l’École Polytechnique n'a pas cédé, malgré le déversement de quantités énormes de gaz lacrymogène depuis l'extérieur, tel du napalm sur toute la zone devenue une zone à défendre."

Toute révolte a besoin de symbole. La Bastille des Grecs sera-t-elle Nikos Romanos, l’École Polytechnique… ? Durant ces dernières heures, les lieux d'occupations se sont multipliés : des occupations de bâtiments publics et de groupes financiers, de chaînes de télévision et de radios, d'universités et de mairies, depuis Thessalonique jusqu'à Héraklion.

Nous vous tiendrons régulièrement au courant de la suite des événements, puisque nos médias semblent les ignorer…

En attendant, envoyez des messages de soutien à l’École Polytechnique, signez la pétition en faveur de Nikos Romanos...

Tag(s) : #Grèce