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Plus écolo que les écolos, le capitalisme...

Mardi 3 février sur ARTE, bien entendu à 22h25 pour ne pas déranger les honnêtes gens, le documentaire "Nature, le nouvel eldorado de la finance" de Sandrine Feydel et Denis Delestrac nous a présenté le "capitalisme vert" avec beaucoup de talent.

Le film commence sur l'étonnant commentaire d'un économiste: "On se sert de la nature car elle a de la valeur, on la perd parce qu'elle est gratuite..."

Le raisonnement est simple : Ce qui se compte a de la valeur, ce qui ne se compte pas, ne compte pas. Donc si les écologistes et les anticapitalistes veulent une nature gratuite, une biodiversité, des biens tels que l’eau, l’air, le soleil, qui restent hors de la sphère marchande, libres d’accès, ils aboutissent seulement à faire que tout cela “compte pour du beurre” et donc, ils mettent la planète en danger. Seul le capitalisme, la mise sur le marché, l’attribution d’une valeur à la nature pourra sauver le monde. Goldman Sachs est plus écologiste que Greenpeace !

Plus écolo que les écolos, le capitalisme...

La nature sauvage qui subsiste encore un peu aux confins de la civilisation ou dans les parcs dits "naturels", est maintenant perçue comme un eldorado financier. Nous pouvons acheter des actions sur un territoire, sur une espèce animale menacée, sur des végétaux rares, dans quelques centaines de banques de compensation. Le banquier achète une zone humide par exemple, la divise en actions et revend ces actions à un pollueur potentiel. L'action, comme tout produit financier, peut se revendre. Elle a donc une cote sur la marché de la biodiversité. Elle peut s'effondrer ou voir sa valeur décupler. Nous pouvons donc spéculer sur ces actions sensée sauver la planète. Cette opération, vantée par le Commissariat au Développement Durable, est également possible sur un animal si vous êtes amateur de pandas ou de crevettes, sur de l'ADN si la médecine vous préoccupe.

Nos enfants en hériteront!
Nos enfants en hériteront!

C'est la plus belle escroquerie depuis le coup du plat de lentilles du pauvre Esaü. Mais chacun sait que plus l'histoire est énorme et plus elle se laisse avaler aisément. Les financiers le savent et s'invitent dans tous les sommets sur le climat, la biodiversité et font passer auprès des politiques leurs spéculations comme seule alternative crédible.

Empêcher la barbarie de tels financiers qui cumulent le pouvoir sur l'argent, sur la politique, sur l'expertise scientifique, en plus de faire preuve d'une remarquable intelligence stratégique, ne pourra se faire qu'en leur coupant l'herbe sous le pied, c'est-à-dire en les privant de l'outil monétaire. Et cela tombe bien car c'est désormais techniquement possible. L'idée d'une "désargence" est de plus en plus soutenue de par le monde, sous des formes diverses, partant d'approches variées, mais toutes venant du constat qu'il ne s'agit plus d'un choix mais d'une nécessité, d'une urgence.

Tag(s) : #Ecologie