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Yannis Varoufakis
Yannis Varoufakis

L’équipe gouvernementale grecque vit en ce moment les quelques jours les plus difficiles et les plus décisifs quant à l’avenir du pays. Yannis Varoufakis n’a eu de cesse de réclamer un compromis raisonnable et s’est heurté à un refus frontal et obstiné des partenaires et des institutions (jadis appelées Troïka). Il a été remplacé dans les négociations par Euclide Tsakalotos, réputé plus diplomate. Mais qu’est-ce que la diplomatie quand l’une des parties ne veut pas négocier ? Il apparaît de plus en plus clairement que le schisme est prévisible, que le fossé entre la vision Syriza et la vision néolibérale de l’Europe est insondable.

Euclyde Tsakalotos
Euclyde Tsakalotos

On veut nous faire croire, le Français Pierre Moscovici en tête, que le problème est grec, que Syriza refuse les mesures indispensables pour relancer la croissance. Bien au contraire, Alexis Tsipras est convaincu que des réformes de fond sont absolument nécessaires. Mais quelles réformes ? La Troïka a bradé des biens nationaux valant 20 milliards d’euros pour un total de 2,6 milliards. Ce sont donc les investisseurs étrangers qui en ont profité, pas le peuple. La Troïka conditionne les prêts à une augmentation des impôts mais jamais à la lutte contre la corruption et l’évasion fiscale. Bien au contraire, elle exige une baisse des salaires, une nouvelle vague de licenciements dans la fonction publique, mais refuse que soient jugés les corrompus et les corrupteurs pourtant bien identifiés. Tsakalotos, le nouveau négociateur explique tout cela dans un langage diplomatique qui devrait faire école : « …je commence à avoir des doutes sur le fait que les institutions et les pays membres nous soutiennent réellement sur les réformes de fond… » !

P. Moscovici
P. Moscovici

Quoiqu’en disent nos médias, le but avoué des négociations est de faire échouer toute idée, d’où qu’elle vienne, de politique alternative, en imposant aux Grecs la mise en œuvre de nouvelles réformes antisociales. Cinq années d’expérience ont prouvé que les réformes exigées ne résolvent en rien le problème, que les déficits se creusent, que la crise humanitaire s’étend. Mais les européistes s’entêtent, nient l’évidence, et accusent Syriza. Tout se passe comme si les européistes, à bout de souffle néolibéral, voulaient entraîner l’Europe entière dans la chute pour camoufler leur folie.

W. Schaüble
W. Schaüble

L’intransigeance des Moscovici, Schaüble, et autres Junker, nous fait vivre dans une insécurité totale, dans une incertitude dangereuse. Varoufakis lui-même déclarait il y a peu : « …quiconque prétend savoir ce qui se passera le jour où l’on nous poussera par-dessus la falaise raconte des sornettes et travaille contre l’Europe… ». Heureusement, Tsipras pour l’instant ne lâche rien, ni sur le taux de TVA, ni sur les retraites, ni sur les couvertures sociales, ni sur le salaire minimum… S’il devait lâcher, ce serait pour proposer immédiatement un référendum appelant le peuple à décider de la sortie ou pas de l’euro et de l’Europe.

F. Hollande
F. Hollande

Si les citoyens français peuvent soutenir les Grecs au-delà des pétitions de principes, c’est en demandant des comptes au gouvernement Hollande qui pèse de tout son poids pour faire plier la Grèce. Mais la vente de rafales au Qatar, le séisme au Népal, la guerre des Le Pen, le changement de nom de l’UMP (en PMU selon Juppé) et quantité de faits divers divertissants, nous évitent de trop penser à ce qui se joue dans les négociations sur la Grèce…

Tag(s) : #Grèce