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Bonne année… ?

S’il est un usage aussi incontournable qu’indécent, c’est bien celui de se souhaiter mutuellement une bonne année. Certes, je peux vous souhaiter individuellement une bonne santé, c’est-à-dire la chance de passer au travers d’une agression virale, d’une pollution de trop, d’un burn out consécutif à la nécessité de vendre quelques heures de vos journées en échange du nécessaire vital… Mais cela ressemble un peu à l’expression “à ta santé” lancée au compagnon avant qu’il ne s’alcoolise !

Certes, je peux vous souhaiter la paix, c’est-à-dire le partage serein et créatif avec votre compagne ou compagnon, vos enfants, votre voisin…, en occultant prudemment le fait qu’il y a une chance sur deux pour que le conjoint envisage un prochain divorce, que les enfants ne rêvent que de se débarrasser de leur encombrant cordon ombilical, que le voisin vient de voter FN, que votre château de cartes patiemment et courageusement construit ne s’écroule sous les éclats d’une kalachnikov, qu’un politicien fou nous entraîne tous dans un conflit grandiose afin de faire remonter son maudit indice de croissance… Mais cela ressemble à l’hypocrisie du candidat qui pour être élu nous promet la fin du chômage, nous déclare que son ennemi c’est la finance !

Certes, je peux vous souhaiter la joie de voir arriver ce Grand Soir que vous appelez de vos vœux dans vos moments de fièvre… à condition que vous ne soyez pas Grecs (Alexis Tsipras a miné le terrain), que vous ne soyez pas Syriens (et donc sur des chemins à haut risque, ralentis par des frontières absurdes et assurés de déranger le jeu de quilles si arrivée il y a), que vous ne soyez pas Français (la révolution à la mode est cet hiver bleu marine), que vous ne soyez pas trop vieux (pour vous c’est trop tard), ou trop jeunes (pour vous c’est trop tôt)….

Certes, je peux vous souhaiter la sobriété heureuse c’est-à-dire la capacité de vous serrer la ceinture et d’en jouir. Mais attention, c’est un marché de dupe. Même sobre, vous n’échapperez pas au réchauffement planétaire, à l’explosion d’une centrale nucléaire par-ci ou par-là, à la voracité des grands capitaines d’industrie, à la perversité des lobbies capables de mettre de l’arsenic dans votre café, du mercure dans votre beurre, en vous faisant croire que le goût en est sublimé…

Alors que faire pour sacrifier au bel usage de souhaiter une bonne année et de manifester ainsi une empathie minimum ? Ah, j’y suis… Je vous souhaite de garder l’œil ouvert en tout temps et tout lieu, de rire de tout sans en perdre la raison, de tenir jusqu’à l’année prochaine pour emmerder ceux qui nous empêchent de croire à ce que l’on dit en souhaitant une bonne année 2016 !

Tag(s) : #Coup de gueule