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La démocratie s’apprend…

Suite de l'intrusion chez J.L. Mélenchon....

Dire que la démocratie s’apprend revient à dire qu’elle nécessite une éducation, un apprentissage, une “expérienciation”. Faute de quoi, nous voyons le triste spectacle des hommes politiques mal éduqués s’étriper entre majorité et opposition, les petits chefs exploiter les subalternes, les “Présidents” (de la République comme de l’Association des joyeux boulistes) se gonfler d’importance et snober le populo.

Le lieu privilégié de l’éducation reste l’école publique qui recèle des trésors de pédagogie, des acteurs souvent dévoués et militants, d’inouïes ressources prosaïques autant que poétiques. Mais dans notre République, cette fortune humaine est bradée pour de vulgaires questions budgétaires, au nom d’un réalisme économique et d’une logique comptable. La préparation à la vie productive, à l’entrée sur le marché du travail, à la culture de la consommation, au respect de l’ordre économique autant qu’académique, prend le pas sur la créativité, sur le plaisir du savoir, sur la beauté du sens critique, sur la morale sociale, sur l’autogestion et la responsabilité.

Les enfants se plaît-on à dire sont devenus ingérables, incultes, indolents, asociaux, incapables d’intérêt pour quoi que ce soit. Ces mêmes enfants ont simplement soif d’autre chose. Notre école n’attend pas une réforme de plus qui resterait en surface comme les précédentes. Elle attend une refondation complète du rôle qui lui a été assignée. Il ne s’agit plus de former de bons ouvriers comme sous Jules Ferry, pas plus que des élites intellectuelles comme on l’espérait du fameux “ascenseur social”. Il s’agit d’apprendre à vivre le commun en commun, d’apprendre à obéir et à désobéir selon les cas, d’apprendre ce qui grandit l’un, élève l’autre, sans donner une quelconque priorité à la science sur la littérature, à la technique sur la théorie, au latin sur l’anglais, au saut en hauteur sur la musique.

Alors nos enseignants retrouveront le goût du bel ouvrage, la passion de la transmission. Alors les enfants apprécieront ces instituteurs qui leur “instituent” la vie, ces professeurs qui “professent” leur foi en la perfectibilité de l’homme. Alors la société découvrira que si les biens matériels se divisent en se partageant, la culture se multiple quand on la transmet. Puisse le parti de Mélenchon opérer enfin cette “réforme” indispensable, la seule qui puisse durer au-delà du temps d’un ministre !

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