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Le mythe de Sisyphe…

Suite de l'intrusion chez J.L. Mélenchon...

Les Traités européens ont été pensés essentiellement sous l’angle de l’économie libérale, pour ouvrir un marché. Les intérêts particuliers des grandes firmes multinationales ont largement pesé sur leur élaboration par l’intermédiaire de grands think-tanks et de lobbies. Une propagande éhontée a abouti à l’adhésion des peuples aux Traités de Rome, de Maastricht, d’Amsterdam, de Nice, avec pour objectifs, la paix, la prospérité, le progrès social (dont on voit bien aujourd’hui ce qu’il en est advenu !). L’expérience a amené une majorité de citoyens français et hollandais à rejeter le Traité de Lisbonne, rejet anti démocratiquement ignoré par les États. Le futur TAFTA est en train d’être élaboré dans le plus grand secret en dépit d’une vaste mobilisation.

Il paraît donc évident que tous ces traités européens, (de même que les traités internationaux, OMC, OTAN, OMS…), nous lient au système qui les a fondés. En clair, nous avons le choix entre un aménagement de ces Traités qui les rendrait légèrement moins nocifs pour la démocratie et l’égalité sociale, ou changer radicalement l’objectif qui les a initiés, c’est-à-dire sortir du capitalisme. Or, il apparaît de plus en plus évident qu’il y a homologie entre capitalisme et économie et que ces deux termes ne font qu’appréhender la même réalité historique et sociale. Si donc un parti politique de gauche se refusait de sortir résolument de l’économie, il se condamnerait à rouler péniblement le rocher des réformes au sommet de la montagne libérale que le système, inéluctablement, ramènerait dans la vallée. Ce choix peut paraître cornélien, prématuré ou utopique, et nous pouvons le différer au nom d’un réalisme politique. Mais il peut aussi être présenté comme l’objectif lointain d’un programme, ne serait-ce que pour lui donner un “supplément d’âme”. Sans ce courage, jamais Marx n’eut l’audace de préconiser “l’union de tous les prolétaires de la terre”, jamais Jules Ferry n’eut le front d’annoncer une école “gratuite et obligatoire”. Ils seraient restés des “Sisyphe” suant sur leur montagne au nom du réalisme.

Tag(s) : #Gauche