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Pas de paix dans la prédation.

Dans le dernier billet, je vous annonçais mon intrusion sur la plateforme Internet de Jean-Luc Mélenchon. Certains ayant eu du mal à retrouver ces textes, je les mets intégralement sur ce blog, une page par texte et le premier sur celle-ci:

La richesse de la France n’a pu s’établir que par le pillage des richesses du Sud et continue à se maintenir par un néocolonialisme économique dont chaque Français bénéficie. Le paysan Burkinabé crève de faim à côté de nos poulets congelés moins chers que ceux qu’il peut lui-même produire. Or dans le système actuel, si le paysan français ne produit plus autant de poulets, c’est lui qui meurt de faim. Pour préserver la paix (comme pour résoudre le problème de l’émigration), il n’y a pas d’autre solution que de relocaliser notre propre production et de soutenir celles des pays colonisés. Si nous arrêtions un instant de prendre les gens pour des cons en croyant qu’ils ne sont pas conscients de cela, on comprendrait alors pourquoi plus de la moitié des électeurs ont cessé de voter, pourquoi les partis sont désertés et les syndicats dénigrés.

L’économie n’est plus la gestion de la maison (sauf étymologiquement) mais la recherche obligée des profits financiers. Quelle que soit l’idéologie, le présupposé philosophique, la praxis privilégiée, les politiques se refusent à remettre en cause cette quête insensée et mortifère de profits qui nous mène dans des impasses sociales, écologiques, morales. Aucune proposition politique prétendant restaurer la paix ne peut être crédible sans réponse à cette question. Aucune alternative visant à répartir les richesses, à les redistribuer, à les planifier, ne sera sans cela suffisante. Aucune écologie (même écosocialiste) n’empêchera l’argent sous le règne du profit financier, de polluer, de détruire, de priver, d’empêcher… Le peuple le sait confusément, nombre d’intellectuels le disent savamment (Laval & Dardot, Anselm Jappe & Serge Latouche, etc.). Comment s’étonner alors que l’utopie soit morte, que le rêve ait disparu de nos imaginaires, que l’homme moderne soit démoralisé et se prenne à dépenser au lieu de penser, que l’adolescent moderne se cramponne à son IPhone, que l’enfant moderne compte ses billes comme un capital ! S’il reste une chance de fédérer les indignations, les colères, les frustrations, pour changer les choses, c’est bien d’intégrer une dimension de rêve dans un grand parti, comme le socialisme, le communisme, l’anarchisme ont pu jadis le faire. Pourquoi pas le PG qui demain inscrirait dans ses propositions la fin de toute possibilité, matérielle et légale, de faire des profits financiers aux dépends de l’humanité et de la santé de notre unique planète ?

Tag(s) : #Gauche