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Danke der Deutschen Bank… !

La situation de la Deutsch Bank se dégrade, les marchés paniquent, les fonds financiers retirent leurs capitaux ou spéculent sur la chute de la banque, la peur de la faillite augmente, les économistes sont dans l’expectative. La Deutsche Bank est une banque « systémique », c’est-à-dire capable de faire basculer tout le système comme un jeu de dominos. Son bilan correspond à la moitié du PIB allemand, un dixième de celui de l’UE. L’action de la banque a chuté de 8% dans la seule journée du 30 septembre ! Certains économistes décrivent les conséquences d’une faillite comme un véritable cataclysme économique au niveau mondial.

Dans mon roman “Le Porte-Monnaie”, je décrivais la fin du système monétaire à la suite d’une hyperinflation mondialisée rendant inopérant l’argent dans toutes ses formes. Un scénario tout à fait identique pourrait arriver avec la Deutsche Bank selon une suite d’enchaînements assez simple : Les banques étant toutes interdépendantes et se prêtant de l’argent entre elles, si l’une des plus importantes n’est plus fiable, plus aucune banque ne fait confiance à l’autre. Cette perte de confiance généralisée ne peut qu’entraîner la fin du crédit possible, laquelle met en difficultés toutes les entreprises de la planète. Les investissements étant annulés, les licenciements en masse se multiplient et les dettes publiques s’envolent. Dans une telle situation, les produits dérivés de ces banques deviennent des catalyseurs et la réaction en chaîne s’emballe (pour la Deutsche Bank, ces dérivés correspondent à un capital théorique d’environ 12 fois le PIB allemand !).

La question se pose donc de savoir qui peut sauver la Deutsche Bank et comment. On peut provoquer une inflation en imprimant des milliards de billets, c’est ce que souhaite Mario Draghi. L’argent injecté fait mécaniquement baisser la valeur du dit argent mais aussi la valeur des dettes. C’est le principe de l’inflation. Mais l’Allemagne ne pourra pas dévaluer seule. Elle tentera d’entraîner avec elle 27 pays qui ne sont absolument pas prêts à voler au secours de l’Allemagne. Le problème économique devient alors politique, c’est à dire encore plus insoluble. L’autre solution est celle qui est appliquée à la Grèce, mais cette fois à la puissance dix : rigueur budgétaire totale, fin des retraites, des assurances sociales, privatisation de la santé et de l’éducation, 80% de la population qui passe en dessous du seuil de pauvreté… Dans les jours qui suivent, ce seront des millions de petits clients qui se précipiteront chez leurs banquiers pour retirer tous leurs avoirs. Ceux qui y parviendront, les 10% qui représentent les sommes réelles en possession des banques, auront gagné… un argent qui perdra de sa valeur chaque jour.

La solution de la rigueur n’est donc pas plus efficace que celle de l’inflation et l’expérience grecque le prouve. Le gouvernement Tsipras est aux abois : sa dernière trouvaille est d’exhumer de vieilles dettes réelles ou fantasmées que certains citoyens ont pu contracter vis à vis du fisc. On réclame des arriérés à des entreprises ayant déposé leur bilan il y a vingt ans, à des particuliers de payer pour un père décédé il y a bien longtemps, sans tenir compte d’aucun délai de forclusion, sans s’inquiéter de la solvabilité des gens. Si l’on ne paye pas, tous les biens peuvent être saisis (maisons, terres, meubles, voitures, outils de travail…), on ne peut plus ni acheter ni vendre quoi que ce soit, on ne peut plus créer une entreprise ni la développer, on ne peut plus hériter… Cela concerne actuellement 200 000 foyers grecs, ce qui signifie une marche de plus descendue par le peuple vers l’enfer économique, la chronique d’une mort annoncée de l’économie du pays. Lorsque l’on voit un gouvernement dit de gauche radicale et des institutions européennes (Troïka) lancer de telles opérations, on peut douter qu’ils aient une quelconque foi dans leur propre fonctionnement. On racle les tiroirs, on ramasse les miettes, on presse les dernières gouttes du citron

Tag(s) : #Economie Désargence