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Le Conseil des Droits de l’Homme (CDH) de l’ONU compte 47 places, réparties par régions. Un tiers des membres siégeant est renouvelé chaque année, à l’issue d’un vote. Élire l'Arabie Saoudite au Conseil des Droits de l'Homme, c'est comme nommer un pédophile directeur d'école. Pourtant, ça y est, c'est fait. Les représentants des 193 pays membres des Nations Unies ont voté le 28 octobre ! L’Arabie Saoudite, par 152 voix, a été élue et représentera le continent asiatique en matière de Droits de l’Homme aux côtés du Japon, de la Chine et de l’Irak, pour les trois prochaines années. Faisal Trad, présidera ce groupe.

Les organisations Human Rights Watch et Amnesty International avaient publié un communiqué conjoint en juin 2016, dans lequel elles appelaient à suspendre l’Arabie Saoudite du Conseil des Droits de l'Homme, dont elle est membre depuis sa création en 2006. Elles reprochent à Riyad «un bilan effroyable de violations» des droits humains au Yémen : la Monarchie y mène une campagne de bombardements contre les rebelles chiites Houthis depuis 2015 (près de 4 000 civils en sont morts). Elle a par ailleurs mis en œuvre quelques 157 exécutions en 2015, soit le nombre le plus élevé de peines capitales effectuées depuis deux décennies, et elle est bien partie pour dépasser ce chiffre en 2016. Riyad de son côté, se targue de son bilan en matière de Droits de l’Homme, assurant notamment soutenir «l’habilitation des femmes à tous les niveaux» en accord avec la «loi de la Charia », qui garantit selon elle une «juste égalité de genre».

 

Il est curieux d’observer le peu d’intérêt des médias pour ce genre d’événement. Les jours s’écoulent depuis ce vote ridicule et quel journal s’en émeut, quelle télévision le cite ? La grande dispute entre Clinton-la-peste et Trump-le-choléra nous gave, les primaires de la droite française font la une, la colère des policiers qui descendent dans la rue nous trouble,  la liquidation de la jungle de Calais fait couler beaucoup d’encre. Mais un défenseur de la Charia nommé président du groupe Asie pour défendre les Droits de l’Homme n’est sans doute pas intéressant…, à moins que ce soit la question des Droits de l’Homme qu’il ne faille pas soulever… Il est vrai qu’en ce temps de barbarie économique, sociale, écologique, laisser entendre que cette belle déclaration issue de la Révolution Française pourrait être autre chose qu’un texte symbolique serait dangereux. Certains pourraient la prendre au mot et exiger que  tous les êtres humains soient égaux en dignité et en droits, que  chacun puisse se prévaloir de toutes les libertés sans distinction de race, de couleur, de  sexe, de religion, que  toute personne ait le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays… Non seulement  le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud ne pourrait plus faire fouetter puis crucifier les bandits et les mécréants, mais les créanciers bien de chez nous ne pourraient plus sucer le sang de la Grèce… Insupportable !   

Après tout, le Dieu-argent qui nous pousse à affamer une bonne part de l’humanité, à exploiter tout ce qui peut l‘être en hommes et en ressources, qui nous fait accepter, sans rire, le fait d'ériger l’Arabie en parangon des droits de l’homme, ne nous rend-il  pas aussi détestables que les fous du Dieu de l’Islam qui pendent les blasphémateurs, fouettent les femmes adultères et tranchent les mains voleuses ? Sans le Dieu de l’argent, accepterions-nous une telle compromission avec Riyad, et les intégristes de Riyad s’acharneraient-ils autant à respecter leur vieille Charia ?...

 

Tag(s) : #International