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Les sondages se sont trompés, les politologues ont misé sur le mauvais cheval, les journalistes ont fait de piètres pronostics… Tout le monde annonçait Clinton et le peuple américain a choisi Trump… Mais qu’importe ! La campagne a fait vendre des journaux, a occupé des centaines d’heures d’antennes et de plateaux télé, a détourné des millions de cerveaux des sujets qui fâchent. Et les mêmes recommencent avec des prospectives insensées pour savoir si Trump va faire ce qu’il a dit qu’il ferait, s’il est ce qu’il dit qu’il est, s’il va pacifier le monde ou le mettre à feu et à sang, s’il est antisystème ou très traditionnellement néolibéral en tenue de camouflage !

Jacques Sapir nous explique que “l’élection de Trump, c’est symboliquement, la victoire de la vie réelle sur la vie virtuelle”, tant sur le plan économique que politique. L’idée est juste mais partielle et il faudrait l’étendre à toute la classe politique : un président, quel qu’il soit, de droite ou de gauche, antisystème ou meanstream, des USA, de France ou du Tonga, est-il le “big-chief” ou l’avatar du banquier le plus proche, un acteur virtuel ou réel ?

Cette victoire de Trump a été applaudie par Marine Le Pen, Nigel Farage et Beppe Grillo, alors que les européistes paniquent,  menacés de connaître, à leur échelle et dans leurs conditions, le sort d’Hillary Clinton. Nos chiens de garde médiatiques n’ont donc plus qu’un objectif, nous prouver par a + b que Trump a trompé énormément les Américains, que nos populistes aussi “trumpent” énormément et qu’il faut revenir à la sagesse, à la normalité d’un Juppé.

Qui trompe le plus de Trump ou de Juppé, de la “féministe de gauche” Clinton ou du “tyrannique démocrate” Mélenchon ? On s’y perd de plus en plus, mais on voudrait croire, encore une fois, une fois seulement “être beaux, beaux et cons à la fois…” On a eu le coup du “je vous ai compris” façon de Gaulle, le coup de la “fracture sociale” façon Chirac, le coup de “l’ennemi de la finance” façon Hollande, le coup de la prospérité garantie façon Europe… “Pitié, laissez-nous   croire encore à un autre monde possible façon Juppé ou façon Le Pen”, insistent les peuples…

Allons, soyons sérieux : nul ne peut être élu à une présidentielle s’il n’est téléguidé tel un drone par les vrais maîtres du pouvoir financier et industriel. L’écart entre les programmes électoraux et la réalité des réalisations en fin de mandat n’est pas la démonstration de la fourberie des élus mais de leur impuissance. Le seul vrai mensonge est collectif, partagé et entretenu par tous les acteurs, des électeurs aux présidents en passant par les médias et l’oligarchie financière. L’électeur se ment et refuse de penser l’impuissance de son élu par peur d’avoir à se gouverner lui-même. Il est aussi difficile de se passer d’un guide politique que de se passer d’un Dieu. L’expression “Dieu merci, je suis athée”, se traduit en politique par “le vote c’est la démocratie, même si les éléphants présidentiels trumpent énormément.” Nous ne sommes pas dans le domaine de la raison, n’en déplaisent aux journalistes politologues, mais bien dans celui de la croyance…                          

Tag(s) : #Politique