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Le blogueur et ami Panagiotis Grigoriou nous présente sur son blog une analyse de la situation sur l’île de Chypre et des négociations en cours à Genève. Le premier volet d’une série de trois articles vient de paraître et mérite d’être lu attentivement, tant pour connaître ce petit bout de méditerranée que pour mieux comprendre comment les peuples se font tondre la laine sur le dos par les puissants quand ils acceptent de confier leur avenir aux dits puissants. En avant-première, voici quelques extraits de ce blog :    

« ...Il faut d’abord rappeler que les Chypriotes-turcs ont été islamisés durant la longue période de l’Empire Ottoman régnant sur Chypre (1571-1878), une situation assez analogue de celle des Bosniaques musulmans (Slaves ayant adopté la religion musulmane)… Jusqu’au 19e siècle, il y a eu même certains moments historiques, où les deux communautés se sont révoltées ensemble contre les gérants et nantis locaux régnant sur l’île sous la Sublime Porte… Et la dernière révolte co-organisée par les deux communautés, a eu lieu en 1834, sous le commandement d’un imam… Donc Chypriotes turcs ou grecs sont avant tout des Chypriotes qui ont été divisés sous un prétexte religieux, lequel a induit une proximité avec la Turquie d’un côté, avec la Grèce de l’autre. Ce qui est profondément ancré dans les mentalités actuelles, c’est l’appartenance à l’île de Chypre, bien plus qu’à une religion ou à une  “mère patrie”. Or les hommes politiques qui négocient (chypriotes et étrangers) occultent ce qui relie les habitants de l’île (leur attachement à leur terre ancestrale)  et mettent en exergue ce qui les divise (la religion ou leurs pseudo "mères patries"). Une négociation qui s’appuie sur ce qui divise et non sur ce qui rassemble a fort peu de chance d’aboutir, ce qui permet de douter des motivations réelles des négociateurs.

« …Et c’est à partir de 1878, que la communauté Chypriote-turque avait été utilisée comme “minorité stratégique” dans et pour la division des habitants par le colonisateur britannique... » L’ancien colonisateur, qui n’a jamais officiellement reconnu le rôle qu’il a joué dans le conflit chypriote, participe activement aux négociations, y est reconnu comme un “interlocuteur valable”!

« …Dès le début des années 1980, la Turquie a installée sur le territoire du Nord de Chypre, plusieurs milliers de colons, venus d’Anatolie, parfois Kurdes… Après l’arrivée au Pouvoir de Recep Tayyip Erdogan, on remarque que le Nord de Chypre s’islamise rapidement… » Le jeu de la Turquie vaut bien celui de “la perfide Albion” et Panagiotis Grigoriou précise dans son blog une chose peu connue : «…Malheureux, près de la moitié des Chypriotes-turcs ont choisi d’émigrer, surtout depuis l’entrée de Chypre à l’UE (car eux-aussi, ont obtenu un passeport de la République de Chypre), souvent considérés comme étant des “mauvais Turcs” ou des “bâtards des Grecs”, par exemple sur les medias sociaux. »

Dans toute négociation frauduleuse,  les chiffres, toujours susceptibles d’être truqués, sont là pour donner un semblant de logique. On nous présente une proportion de 1 chypriote-turc  pour 4 chypriotes-grecs et c‘est sur cette base que devrait s’établir un partage des pouvoirs et des territoires. La réalité est toute autre : « …le nombre des vrais Chypriotes-turcs ne dépassant pas les 100.000 personnes (et non 840 000 personnes comme le disent les négociateurs), cet accord, légalise la colonisation et pour tout dire l’invasion de 1974.»

Ce qui se passe à Chypre nous en dit long sur ceux qui nous gouvernent, tout comme ce qui se passe en Grèce nous en dit long sur le projet politique européen. Je vous engage donc à suivre de près le décryptage que nous propose très régulièrement, depuis cinq ans, et au prix d’un épuisant travail, notre ami anthropologue, historien et blogueur athénien.

PS: Photo en tête de ONU/Jean-Marc Ferré: Antonio Guterres (ONU), Nikos Anastasiades (Président de Chypre), Mustafa Akinci (représentant des Chypriote turcs).

Tag(s) : #Chypre, #Politique, #Histoire