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               Deux informations sont venues gâcher mon repas du midi : La nouvelle ligne TGV entre Tours et Bordeaux (306 km) va nous faire gagner 56 minutes pour la modique somme de 6,8 milliards d’euros. Les Nations Unies réclament d'urgence  4 milliards de dollars pour faire face à la famine qui menace au  Soudan, en Ethiopie, en Somalie… Il est probable que le coût du TGV sera largement majoré comme pour tous les Grands Travaux Inutiles et Imposés (GTII), probable aussi qui la contribution onusienne sera revue à la baisse et en partie détournée par d’obscures combines politiques...

                Et merde ! Ce n’est pourtant pas la première famine ! Déjà en 1985, Renaud chantait pour l’Ethiopie…, en 1992, Kouchner faisait son show rizicole en Somalie…, en 2011, la famine a fait 258 000 morts…  Depuis tout ce temps, on aurait dû trouver des solutions, on aurait dû anticiper sachant que les mêmes causes produisent  généralement les mêmes effets.

                Au fait, si l’on parlait de ces causes occultées au profit du sensationnel et de l’émotion, avec son lot de photos d’enfants squelettiques et de champs craquelés.  Sur France Culture, Serge Bresse de l’Action Contre la faim, nous en donne trois au sujet de la Somalie : la pauvreté chronique, un conflit qui dure depuis 25 ans, et le climat avec trois saisons successives de pluies insuffisantes. N’étant ni économiste, ni politologue, ni spécialiste des ressources hydriques, j’ai bêtement cherché quelles étaient les ressources en eau dans l’Afrique de l’Est.

              Le résultat est édifiant et de nombreuses cartes indiquent l’état des nappes phréatiques. L’image ci-contre vous donne à gauche et en couleur la profondeur de l’eau (1-10m pour le bleu clair, 10-25m pour le bleu moyen, 25-50m pour le bleu foncé).  A droite, une carte ordinaire permet de situer les zones. Le Sud-Soudan,  l’Ethiopie, la Somalie ont de quoi alimenter en eau leurs populations, de quoi irriguer les champs, de quoi reboiser les zones arides. Il suffirait pour cela de forer entre 25 et 50 mètres. Les ONG spécialisées dans les forages indiquent le coût moyen d’un forage à 6 500€ en moyenne (recherche géophysique, forage, dalle béton et pompe du puits). La meilleure solution serait encore de financer l’achat de camions foreurs, de pompes, de buses, et de les mettre à disposition de groupes locaux. Ces pays dits sous-développés ne manquent pas de génies de la mécanique, de techniciens compétents, de bonnes volontés. Pourquoi préfère-t-on envoyer des volontaires occidentaux et laisser les Africains les plus dynamiques partir sur les routes de l’exil ?  A Mogadiscio, l’organisation locale Hijra (en arabe “exil”) a prouvé sa grande compétence en fournissant de l’eau potable aux 12 000 “PDI” (personnes déplacées à l’intérieur) qu’elle a prises en charge.  

                Imaginons que l’ONU débloque ses 4 milliards qu’elle fournirait en matériel de forage ou même que la France décide de se priver d’un grand chantier inutile et que, de son propre chef, elle investisse dans l’eau. Les associations africaines, les structures villageoises, avec 4 milliards de matériel auraient vite fait de creuser 615 000 puits à 6500€ le puits. Si chaque puits permet de sauver 500 personnes, les 330 millions d’Africains qui manquent d’eau, seraient sauvés! La France en sortirait grandie, les Français n’en seraient pas moins riches, je ne m’étranglerai pas en écoutant France Culture pendant mon repas du midi !

                Au fait, les journalistes ne savaient-ils  pas qu’il y avait tant d’eau sous les pieds des assoiffés ? Les humanitaires ont-ils mis en rapport le coût de l’eau potable en Afrique et celui d’un bout de TGV ? Pierre Mendiharat, directeur adjoint des opérations à MSF, a trouvé le coupable idéal : “La famine naît de la guerre”. Et la guerre, c’est la faute aux gouvernements corrompus, la faute à Al-Shabaab (les affidés d’Al-Qaida). Certes, mais la guerre vient de la misère, et la misère du manque d’eau. Avec un bétail sain et des cultures vivrières abondantes, Al-Shabaab aurait beaucoup plus de mal à recruter ! En tant que Terriens du XXI° siècle, on pourrait même rêver que l’ONU et une nation riche offrent chacune 4 milliards, l’une pour les forages, l’autre pour l’assainissement de l’eau.  “En Somalie, le principal problème provient des maladies gastro-intestinales telles que la diarrhée, les parasites, la giardiase et l’hépatite. Le système public ne fournit pas d’eau salubre”, nous explique Mohamed Hassan, un coordinateur de santé publique de Mogadiscio et partenaire d’Oxfam.  Le Monde est fou ! Nous avons les ressources, nous avons les techniques, nous avons les compétences, nous avons l’empathie suffisante, …mais nous avons l’argent et donc la nécessité de faire, en tout et sur tout, des profits financiers. Sans argent, nous serions tous riches, y compris les enfants africains !!!