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         L’économiste Jacques Sapir nous propose deux cartes intéressantes à comparer : à gauche, la répartition du premier tour des élections 2017 (en bleu foncé les départements conquis par Le Pen, en rouge ceux de Macron, en bleu clair ceux de Fillon et en orange ceux de Mélenchon) ; à droite, une vieille carte datant de 1958 et indiquant en pourcentages les emplois industriels. Etonnant de constater que les anciennes zones d’industrialisation, celles qui ont été le plus durement  frappées par la mondialisation et par l’euro, sont toutes devenues les terres du Front National.

                On peut donc en tirer deux  conclusions évidentes : Marine Le Pen a parfaitement joué sur la rage “des masses laborieuses”, comme disaient ces communistes des années 60 qui n’ont su défendre leurs “camarades”.  Emmanuel Macron poursuit avec rage et obstination la même politique industrielle  et le même démantèlement de l’Etat providence initiés dans les années 80. L’une a manipulé un peuple en situation de faiblesse comme tout bon escroc, l’autre s’en moque comme de sa première chemise. Le peuple… ?  Macron lui dit “je vous hais ” et Le Pen “je vous ai bien entubés“.

 

 

                Beaucoup semblent encore pris au piège du “Front Républicain”, du pseudo barrage au fascisme, du mythe selon lequel l’abstention favorise toujours la droite… “Le néolibéralisme macronien et le racisme lepéniste sont les deux visages d’un même Janus qui œuvre à la désertification des consciences et à l’épuisement du génie social humain, le premier par la marchandisation béate des individus, le second par la naturalisation vindicative de leur identité…” écrit très justement Bertrand Rouzies sur son blog  médiapart.  Voter pour l’un ou l’autre face de Janus revient à voter pour la haine ou le mépris du peuple, ce qui n’est aisé pour aucun honnête homme.

                Il reste la question de la légitimité hypertrophiée qu’obtiendrait Macron si une majorité d’électeurs sans candidat cédaient à la tentation du front républicain. Raoul Marc Jennar sur son blog, rappelle que “le néolibéralisme est un fascisme, car l’économie a proprement assujetti les gouvernements des pays démocratiques mais aussi chaque parcelle de notre réflexion.”  Cette remarque est judicieuse en ce sens qu’elle oppose deux formes de fascisme et qu’elle rend caduque l’idée de faire barrage au fascisme en votant Macron comme certains le préconisent à longueur de médias. On voit actuellement le Grec Tsipras, par excès d'obéissance au libéralisme, ouvrir toute grande la porte à un nouveau "régime des Colonels" (les militaires y sont prêts et aucun parti n'est plus en état de les arrêter), tout comme Macron pourrait l'ouvrir au FN en 2022. Voter en faveur d’un  fascisme pour barrer la route à un autre fascisme, c’est Gribouille qui se jette à l’eau par crainte de la pluie !

C’est donc  à l’ex-candidat Jacques Nikonoff  (éliminé faute des 500 signatures) que je laisse le mot de la fin : “Il faut que le total des abstentions, blancs et nuls (dont les cartons rouges) dépasse le nombre de voix obtenu par les candidats. Dans ce cas, la légitimité aura changé de camp. C’est le peuple, majoritaire, qui sera légitime pour agir, quels que soient les élus..."

Tag(s) : #Politique