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                Hier, 11 octobre 2017, la 17ème chambre du Tribunal correctionnel de Paris a débouté AREVA et relaxé les antinucléaires de l’accusation de diffamation !  Une première dans le domaine de la lutte antinucléaire qui mérite d’être signalée, voire de sabler le champagne…

                Tout commence en juillet 2014 par un article publié sur le blog de la CAN-SE (Coordination Antinucléaire du Sud-Est). Il y était question d’une municipalité ayant accepté un don de 46 000 € du "géant de la mort nucléaire". Les élus notamment EELV n'avaient pas dit "un mot contre cette convention, pas une explication des crimes d'Areva un peu partout dans le monde et en vallée du Rhône, pas un appel à un peu d'éthique et de morale. Rien, le néant."  Le procès a eu lieu le 12 septembre dernier, durant trois heures. Hier, le Tribunal a rendu son délibéré. Malgré d’évidentes pressions du géant Areva, le jugement est impitoyable pour le nucléariste qui a tenté d'instrumentaliser la Justice pour faire taire toute critique sur ses activités et ses agissements. La Coordination antinucléaire du sud-est ne s'est pas rendue responsable de diffamation, mais bien au contraire, elle a permis d'informer en toute honnêteté la population des atteintes sanitaires perpétrées par les activités nucléaires et mis en lumière le noyautage des institutions et la complicité de certains élus avec le lobby nucléaire. Dans ces attendus, le Tribunal a estimé que sur les 4 propos retenus, l'un relève d'un fait précis et exact : la fabrication par Areva et la fourniture du Mox par Areva à la centrale de Fukushima gérée par Tepco et dont le réacteur n°3 a bien explosé, sans attribuer pour autant l'explosion au Mox, ce qui n'est donc pas diffamatoire. Les trois autres propos qui sont à lire ensemble, imputent à Areva de participer à l'industrie nucléaire et "dénoncent le caractère mortifère de cette industrie", ce qui est l'expression "d'une opinion sur les risques de l'industrie nucléaire, certes formulée en des termes abrupts, qui relèvent de la liberté d'expression dans un débat de société et qui pourrait faire l'objet d'un débat scientifique, mais non l'objet de preuve dans un débat judiciaire".    

Quand Areva parle de lui-même sur son site,  il nous dit que “New AREVA valorise les matières nucléaires afin qu’elles contribuent au développement de la société, en premier lieu dans le domaine de l’énergie. Le groupe propose des produits, technologies et services à forte valeur ajoutée sur l’ensemble du cycle du combustible nucléaire des matières premières au traitement des déchets. Ses activités couvrent les mines, la chimie de l’uranium, l’enrichissement, le recyclage des combustibles usés, la logistique, le démantèlement et l’ingénierie.” Ne pas voir qu’il y a dans ce programme un danger potentiel serait de la malhonnêteté intellectuelle, ce qui n’empêche pas l’entreprise d’ester en justice contre ceux qui mettent ce fait en exergue sur leur blog, et pour faire bonne mesure, ceux qui relayent des articles de blogs “diffamant” l’entreprise. Areva portant plainte contre des usagers de la fameuse “paquerette” (le panneau alertant de risques d'expositions à des rayonnements ionisants) au motif qu’il pourrait faire penser que le nucléaire est dangereux, cela n’aurait pas été plus étrange !

                Avec ce jugement, le vent tourne, l’omerta se fissure, les militants antinucléaires en sortent renforcés et un espoir est donné à tous les “pots de terre” qui se heurtent aux “pots de fer” des multinationales, de Nestlé à Monsanto en passant par Apple. On dit si souvent que “selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir”  que les juges du Tribunal Correctionnel de Paris méritent quelques salutations respectueuses !    

Tag(s) : #Ecologie, #Nucléaire