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Les bénéficiaires de la mondialisation jouent avec brio sur l’ambiguïté des termes qu’ils se choisissent pour avancer leurs pions. Quand nous entendons le mot mondialisation, nous pensons immédiatement à la fin des États-nations, à l’uniformisation des particularismes sociaux. Or, les habitués des rencontres de Davos n’ont aucun intérêt à ce type de globalisation. Ce qu’ils veulent, c’est uniquement la libre circulation des hommes, des matières et des capitaux. C’est ce qui leur permet de délocaliser les usines, de limiter leurs impôts grâce aux paradis fiscaux, de jouer sur les réglementations sociales pour un dumping social sans pitié, etc. Tout cela serait perdu pour eux avec un gouvernement mondial doté d’un unique droit international et d’une uniformisation des usages sous toutes les latitudes.

Ils opposent les nations à l’universalisme et ont inventé les anathèmes de "populistes, souverainistes, identitaires..." pour diviser les peuples au sein d’un même pays. Pourtant, ils ont besoin des gouvernements locaux qui seuls peuvent éviter que "s’unissent les prolétaires de tous pays", comme nous disions jadis ! Gouvernants locaux et mondialistes sont en situation de dépendance symbiotique, chacun ayant intérêt à cette dépendance. Elle leur permet de sauvegarder la mise en concurrence des États et la division des peuples au sein d’un même État. Plus nous nous étripons entre souverainistes et européistes, entre populistes et pragmatistes, entre identitaires et communautaristes, plus ils ont les coudées franches. Plus les Japonais ressembleront à des Occidentaux, les Californiens à des Scandinaves via la mode, la musique, le tourisme de masse, plus il sera facile de nous imposer une unique idéologie, la leur, et plus les cultures politiques singulières seront affaiblies.

Et depuis le Davos 2020 et le livre de Klaus Schwab, il est clair qu’ils sont en passe de devenir plus écologistes que les écologistes, plus sociaux que les socialistes. Ils s’engagent pour la limitation du réchauffement climatique pour plus de profits dans les taxes carbones sous forme de produits financiers. Ils privatisent des forêts pour préserver la biodiversité, ils nous vendent de l’éolien et de la culture bio comme ils nous ont vendu des smartphones et des gadgets made in RPC. Ils commencent à trouver judicieuse l’idée d’un revenu universel ou du "quantitative easing for people". Quand les écologistes et les partis de gauche s’en rendront compte, il sera trop tard pour effectuer une marche arrière. Le Great Reset selon Schwab est doté d’un "effet cliquet", du même modèle que celui qui est compris dans les mesures sécuritaires face au terrorisme et sanitaires face à la pandémie. On ne retrouve jamais tout à fait ce que l’on a concédé par sécurité !...

Et pour couronner le tout, les "Davossiens" ont changé le sens du mot "idéologie" qui, dans la langue vernaculaire, désigne l’ensemble des croyances, des idées, des structures mentales qui caractérise une société ou un individu. L’idéologie est devenue tabou ! Les journalistes sont divisés en deux groupes, ceux qui nous informent et ceux qui nous déforment. Les journalistes d’information nous donnent des faits non discutables et les journalistes militants cherchent à nous influencer en sélectionnant les informations qui étayent leur idéologie. Les hommes politiques de droite sont pragmatiques, c’est-à-dire ancrés dans le réel, les hommes politiques de gauche tordent le réel pour qu’il coïncide avec leur vision du monde. Le médecin moderne s’appuie sur des analyses biologiques et l’imagerie numérique pour diagnostiquer le mal, puis donne la molécule adéquate pour l’éradiquer. Le médecin de famille traditionnel écoute son patient, cherche le remède particulier qui lui semble correspondre, et, comme les chamans, se fie à une conception idéologique de l’homme, de la nature. Il est étonnant de voir à quel point cette manipulation sémantique a fonctionné. Plus personne ne s’étonne qu’un humain puisse s’abstraire totalement d’une vision intellectuelle, spirituelle, morale pour décider de ce qu’il fait et doit faire, pour donner sens au réel qui l’entoure. Plus personne ne s’étonne que l’idéologie soit considérée comme une chose figée, non évolutive, et que la technique, la mathématique comptable soit la seule raison possible.

Sans idéologie, il pourrait bien ne plus y avoir d’Histoire, de mythes, d’art, de lettres, d’humanités... Il ne restera plus que des statistiques, une comptabilité, une pensée robotisée pour les masses..., et une poignée de "Davossiens éclairés" pour les guider. Platon, Aristote, au secours !...

Tag(s) : #Politique, #Société