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                Les provinces actuelles du Lougansk et du Donbass font partie des erreurs très anciennes qui tôt ou tard finissent par exploser. En 1770, ces provinces sont intégrées à la "Nouvelle Russie" de Catherine II. Indépendante en 1917, l'Ukraine est reprise par l'Union soviétique en 1922. Après la chute de l'URSS, l'Ukraine choisit de s'accrocher à l'Union Européenne, mais les deux provinces russophones réclament leur indépendance. Un référendum pose la question de ces provinces en 1991. Les russophones de l'Est étant majoritaires dans les deux provinces votent pour l'indépendance, mais minoritaires dans l'ensemble de l'Ukraine, ils ne sont pas entendus. Dans une autre consultation, il a été question de constituer un État fédéral, de reconnaître le Russe comme seconde langue et de permettre un rapprochement avec les anciennes républiques soviétiques. Bien que 90% des habitants du Donbass votent pour, rien ne sera mis en œuvre.

                  Il faut comprendre dans cette histoire que la majorité des habitants des deux provinces parlent mieux le russe que l'ukrainien, ont des membres de leur familles qui vivent du côté russe de la frontière, qu'ils ont plus à gagner qu'à perdre avec les Russes.

                Sur le plan géopolitique, les USA ont soigneusement prolongé la guerre froide et entraîné l'UE dans une défiance vis-à-vis de la Russie pourtant européenne. Nous voilà donc entraînés dans une guerre qui n'est pas la nôtre, à choisir un camp sans tenir compte des Ukrainiens russophones. Une bonne culture de guerre nous y prépare depuis des années mais sans jamais expliquer l'historique de ce conflit. Comme par hasard, l'offensive de Poutine arrive au moment où le Covid n'est plus tout à fait opérant en tant qu'outil d'enfumage. Sans crise sanitaire, les conflits sociaux, environnementaux, économiques allaient ressortir, chez Poutine et Biden comme dans l'UE. Cette erreur datant de l'impératrice Catherine II ressort à point nommé.

                Les anciens partages de territoires, aussi bien en Europe qu'au Proche-Orient ou qu'en Asie du Sud-est, sont parfaits pour donner des prétextes aux politiques hégémoniques et aux financiers cosmopolites, voire au projet d'un Nouvel Ordre Mondial dont le Great Reset de Davos est le dernier avatar. Sans l'argent, les sociétés de la planète bleue, perdraient certainement l'habitude d'instaurer à tous niveaux des pouvoirs centralisés et des hiérarchies pyramidales. Enfin, nous pourrions redonner aux peuples une réelle souveraineté et surtout la maîtrise de leurs usages. Si nous voulons l'argent et l'échange marchand, nous aurons la guerre, d'abord en Ukraine, puis au Kurdistan, ou en Corée, en Birmanie, partout où nous avons préparé le terrain. Si nous voulons la paix, il n'y a pas d'autre moyen que d'abolir l'argent, la valeur, le marché, la marchandise, le salariat, l'État centralisé…  

             Le pire, c'est que la majorité des humains ont tout à perdre dans un conflit, qu'il soit local ou mondial, mais qu'une toute petite minorité commence à se frotter les mains à la première évocation d'une possible guerre. La majorité se croit impuissante, la minorité est certaine de pouvoir une fois de plus imposer son choix. C'est la raison de la "culture de guerre". Depuis 1548, on peut lire le "Discours de la Servitude Volontaire" du bon Etienne de la Boétie, mais nous n'avons toujours pas compris la puissance d'une Grève Générale...