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A lire et faire connaître....
Quatrième de couverture:

Dans la commune de Saint-Martin (5 000 habitants), un élu de base a découvert des archives sur un groupe libertaire local du XIXe siècle. Surpris de l’étrange actualité de leurs idées il a repris leurs propositions et s’est présenté aux dernières élections municipales.

Contre toute attente il a été élu maire en proposant d’instaurer la démocratie directe et l’autogestion, de développer toute une série d’initiatives allant à l’encontre de la pensée unique libérale.

Succès.

Depuis, la petite ville invente, transforme, remet en question la gestion communale classique, loin des médias indifférents, sans grandiloquence, pas à pas. Un vent d’innovation à transformer les citoyens et les structures… au point d’inquiéter le pouvoir qui fera tout pour étouffer dans l’œuf cette initiative isolée, avant qu’elle ne s’étende.

Pourtant, d’autres expériences communales de démocratie directe ont lieu en Europe et dans le monde. Une autre société est possible, plus équitable et respectueuse des libertés, plus écologique et riche en rêves, sans attendre le Grand Soir ou la chute du capitalisme. D’autres Saint-Martin sont possibles

Publié aux Editions Libertaires, ISBN: 978-2-919568-21-5 261p. 13€

(http://editions-libertaires.org/?p=428 )

Disponible chez Amazon, My-book, Cultura, etc, si vous n'êtes pas contre les "gros" ou chez votre libraire si vous défendez les "petits"!...

Critiques:

Une présentation du roman a été faite par Michel Antony dans un grand dossier sur quelques oeuvres utopiques libertaires ou résolument anarchistes:

"La pensée anarchiste, redécouverte par un élu (Monsieur Laurent) de Saint-Martin, une petite commune méridionale, lui permet de devenir maire d'une petite commune en proposant une alternative crédible et/ou originale à ses concitoyens.

Aussitôt au pouvoir, il propose de supprimer sa fonction et de former des contre-pouvoirs à tous les niveaux, en misant sur la démocratie directe et participative, avec le plus possible des décisions proches du consensus, et en refusant les idées toutes faites et tout dogmatisme :

- au niveau local : des îlots autogérés qui touchent toute la localité ressemblent un peu à des comités actuels de quartier qui auraient acquis plus d'importance décisionnelle.

- au niveau fédéral communal : un Centre Communal d'Autogestion devient la nouvelle Municipalité.

- au niveau fédéral de la proche région se crée un Comité des communes libres.

Tout part du bas, des individus et des îlots, qui sont toujours représentés au niveau supérieur. Les décisions sont prises en appliquant une sorte de principe de subsidiarité : ce qui ne peut être fait au niveau le plus bas passant alors au niveau supérieur.

Au niveau économique, les innovations fleurissent, mêlant autant une autogestion complète, qu'un contrôle partiel ou que de simples aménagements plus démocratiques :

- pour satisfaire l'alimentation de base à tout le monde, est fondé un Dépôt alimentaire qui permet l'établissement d'un restaurant communautaire. La brasserie de la ville est municipalisée. Partout fleurissent jardins et vergers communaux, coopératifs, ou en possession simple (PROUDHON ?), qui permettent progressivement une forte autosuffisance. Quelques citoyens fondent même une Coopérative viticole, d'abord pour le plaisir des seuls membres, et ensuite pour écoulement solidaire de la production. Un berger communal est recruté, ce qui prouve qu'aucun fanatisme alimentaire n'est imposé, même si on trouve beaucoup de promotions pour végétarisme et végétalisme. La rivière est entretenue, réaménagée et progressivement dépolluée : elle offre ainsi un complément alimentaire, tout en conservant son rôle essentiel pour loisir et détente.

- au niveau bancaire, l'autogestion laisse la place à un contrôle citoyen des fonctions de la banque, sous la forme du Conseil de contrôle bancaire.

- dans diverses activités se multiplient des Ateliers coopératifs : garage, électroménager, couture, friperie...

- une grosse entreprise de meubles en difficultés se transforme progressivement en Scop avec l'appui communal.

- pour les transports, covoiturage et moyens «doux» (vélos, mobylettes, pousse-pousses) se diffusent en tout lieu.

- l'eau, l'électricité… sont récupérés peu à peu par la collectivité : régie municipale, coopérative pour les éoliennes… L'objectif est de réduire les coûts à court terme (les bénéfices prévus doivent être réinvestis), d'être autonome dans la gestion et l'acheminement, de ne pas trop sacrifier l'environnement (débat problématique pour les éoliennes) et d'éviter les pertes (contrôle des conduites, récupération des gaz et utilisation de la biomasse…).

Non seulement on consomme en toute égalité, mais en plus on le fait sans gaspillage et en adoptant une vision décroissante douce. L'imagination pour diversifier et économiser est l'œuvre de tou-te-s. Les échanges relancent l'idée ancienne des SEL. Dons, trocs et bénévolat renouent avec le communisme anarchiste et avec une vision revitalisée de la société du don et du potlatch. Les paniers de victuailles, comme pour les AMAP, touchent aussi des secteurs moins souvent cités : la boucherie notamment. Tous les commerçants adoptent progressivement les groupements d'achats. Bref, la Commune de Saint-Martin utilise toutes les méthodes connues pour satisfaire les besoins en respectant au mieux l'environnement et le travail de chacun.

Au plan social, pour lutter contre l'inactivité et le chômage, on tente les initiatives collectives (certes bénévoles mais dont les retombées profitent à tou-te-s), libres et attrayantes.

Chaque personne est aidée dans sa démarche propre pour sortir du rejet social qu'est le chômage : un ironique Paul-Emploi cherche avec les intéressé-e-s à leur garantir une rencontre satisfaisant les «3 G» : Gratuits, Gratifiants et Gourmands.

Pour lutter contre pollution et incivilités, et pour résoudre la question ardue de la propreté et des déchets, des initiatives ludiques, y compris avec les enfants (habiles petites hordes ?) soulagent grandement le travail des agents de la voierie.

Quelques notes sympathiques de néo-fouriérisme s'installent donc à Saint-Martin.

Les questions de la sécurité et de la justice sont plus délicates à résoudre.

Les policiers sont formés, invités à utiliser la prévention et la discussion. Ceux qui acceptent l'évolution deviennent gardes municipaux. La discussion et le civisme l'emportent peu à peu sur procès verbaux et contraventions…

Une sorte de tribunal de conciliation et la restauration d'une sorte de juge de paix contribuent à régler à l'amiable la plupart des conflits.

Comme en Afrique du Sud post-apartheid, on tente non l'oubli mais la résolution consensuelle et ouverte des conflits.

Mais les graves méfaits déchirent toujours la communauté : un viol collectif trouve très difficilement une résolution satisfaisante, pour la jeune femme d'abord, et pour toutes les autres personnes concernées.

Au niveau culturel, le cybercafé est transformé en Centre informatique pour recherches, échanges et création d'une base de données utilitaires.

L'école s'ouvre aux adultes et à la formation continue. Les cursus scolaires sont décloisonnés pour accepter les différences de goûts et de rythmes.

La fête foraine traditionnelle, coûteuse et pas forcément adaptée aux demandes, est remplacée par une «fête urbaine» réalisée par les citoyens de Saint Martin, sans esprit de profit, et forcément plus proches des besoins des gens.

Pour les questions de santé, hormis un intéressant Centre de prévention municipal, les initiatives restent superficielles, et sont surtout dans le domaine des bonnes intentions. Pourquoi ne pas se lancer dans la création d'un Centre de Santé polyvalent, en convention avec l'hôpital proche, afin de faire se déplacer les professionnels et non les patient-e-s et les usagers.

Tout le cadre de vie est progressivement modifié.

L'environnement (jardins publics, dégagement des rives de la rivière…) est soigné et transformé, toujours en mêlant l'utilitarisme et les loisirs, et en partant des besoins et des goûts exprimés par les intéressés eux-mêmes.

L'habitat est amélioré par des équipes de bénévoles ; pas de révolution, mais un contrôle des propriétaires et le rappel de leurs devoirs sociaux. La participation des locataires aux aménagements, et le souci de l'écologie et de l'esthétique… transforment l'allure des bâtiments. Cela profite à tout le monde, aux propriétaires qui bénéficient de l'amélioration de leurs biens, aux locataires qui décident de leur environnement et qui obtiennent le blocage des loyers.

L'affichage public laisse progressivement la place à la libre expression.

Le succès est au rendez-vous, certes imparfait, mais bien réel : aussi SDF, réfugiés et sans papiers se passent le mot et affluent sur Saint-Martin : dure affaire à gérer ; ce qui est possible pour une petite communauté semble exploser devant la montée expansionniste des demandeurs. Un centre social autogéré pour les SDF est mis en place dans un ancien hospice, mais en nombre de places forcément limitées, et avec une population qui va justifier l'intervention policière extérieure.

L'autogestion - ou plutôt une démocratie participative avancée - semble donc possible à petite échelle, et les méthodes proposées peuvent apparaître comme une forme de communalisme ou de municipalisme libertaire un peu édulcoré : l'écologie sociale de l'étatsunien BOOKCHIN ou les expériences italiennes de Spezzano Albanese semblent ici s'entrecroiser, sans s'opposer, car le pragmatisme et les expérimentations pluralistes sont au rendez-vous. Nous sommes plus proches des collectivités libertaires espagnoles de 1936-1938 qui faisaient cohabiter communisme authentique et petits propriétaires non employeurs dans une même communauté.

Le grand intérêt du livre est de proposer des formules simples, s'appuyant sur le bon sens et l'expérience des participants : une vraie utopie réaliste en quelque sorte, qui fournit (et c'est revendiqué) une «boîte à outils» et des méthodes modifiables, pas une vérité toute faite. Ce n'est pas le grand soir ni la révolution totale, mais une forme de réformisme radical qui met toujours en avant l'intérêt des utilisateur-trice-s et des citoyen-ne-s, et qui leur permet d'auto- déterminer ce qui est bon pour elles et eux.

Par contre, et c'est fondamentalement gênant, le maire reste l'élément initiateur, moteur, et modérateur. Certes c'est un vrai sage ou un vrai gourou désintéressé et œuvrant pour le bien public sans arrière pensée, mais c'est tout de même une validation de la thèse du rôle indispensable des fortes personnalités dans le mouvement historique, ce qui est une forme contradictoire avec l'autogestion.

Après, tout cela reste limité et étroitement localisé ; rien ne change en dehors de Saint-Martin de l'emprise nationale et mondiale des 3 autorités déjà définies en son temps par PROUDHON : l'autorité étatique, l'autorité capitaliste et l'autorité morale ou religieuse. La crise économico-sociale et écologique s'étend partout, nationalismes et fondamentalismes renaissent en tout endroit. Comment donc faire connaître et étendre l'expérience de Saint-Martin ? L'imbécilité étatique y pourvoit : elle fait enfermer Laurent et quelques autres personnes concernées par l'expérience. Aussitôt la solidarité, la résistance passive et la multiplicité des réseaux de soutien (comme à l'époque des LIP par exemple) font de Saint-Martin un exemple mondial, commenté en maints endroits, approuvé ici ou là. La diffusion va-t-elle gagner. L'exemple va-t-il faire tâche d'huile ? C'est ce que FOURIER rêvait en son temps à partir d'un ou deux phalanstères exemplaires.

L'ouvrage nous présente une utopie concrète, pragmatique, modeste, contradictoire et évolutive. Elle est méfiante des solutions toutes faites, elle refuse le mythe du Grand soir, elle se détache de toute idéologie fermée. Nous avons ici accès à une belle vision libertaire plus qu'anarchiste, en rapport avec l'air du temps revivifié par les nouveaux mouvements sociaux (néozapatistes ou indignados). Nous sommes loin des utopies classiques, centralistes, figées et autoritaires.

La lecture est aisée, les débats ouverts les uns après les autres jamais caricaturés. Le procédé reste un peu rébarbatif par sa répétition, mais l'entreprise vaut le détour.

Quelques notes sympathiques de néo-fouriérisme s'installent donc à Saint-Martin.

Les questions de la sécurité et de la justice sont plus délicates à résoudre.

Les policiers sont formés, invités à utiliser la prévention et la discussion. Ceux qui acceptent l'évolution deviennent gardes municipaux. La discussion et le civisme l'emportent peu à peu sur procès verbaux et contraventions…

Une sorte de tribunal de conciliation et la restauration d'une sorte de juge de paix contribuent à régler à l'amiable la plupart des conflits.

Comme en Afrique du Sud post-apartheid, on tente non l'oubli mais la résolution consensuelle et ouverte des conflits.

Mais les graves méfaits déchirent toujours la communauté : un viol collectif trouve très difficilement une résolution satisfaisante, pour la jeune femme d'abord, et pour toutes les autres personnes concernées.

Au niveau culturel, le cybercafé est transformé en Centre informatique pour recherches, échanges et création d'une base de données utilitaires.

L'école s'ouvre aux adultes et à la formation continue. Les cursus scolaires sont décloisonnés pour accepter les différences de goûts et de rythmes.

La fête foraine traditionnelle, coûteuse et pas forcément adaptée aux demandes, est remplacée par une «fête urbaine» réalisée par les citoyens de Saint Martin, sans esprit de profit, et forcément plus proches des besoins des gens.

Pour les questions de santé, hormis un intéressant Centre de prévention municipal, les initiatives restent superficielles, et sont surtout dans le domaine des bonnes intentions. Pourquoi ne pas se lancer dans la création d'un Centre de Santé polyvalent, en convention avec l'hôpital proche, afin de faire se déplacer les professionnels et non les patient-e-s et les usagers.

Tout le cadre de vie est progressivement modifié.

L'environnement (jardins publics, dégagement des rives de la rivière…) est soigné et transformé, toujours en mêlant l'utilitarisme et les loisirs, et en partant des besoins et des goûts exprimés par les intéressés eux-mêmes.

L'habitat est amélioré par des équipes de bénévoles ; pas de révolution, mais un contrôle des propriétaires et le rappel de leurs devoirs sociaux. La participation des locataires aux aménagements, et le souci de l'écologie et de l'esthétique… transforment l'allure des bâtiments. Cela profite à tout le monde, aux propriétaires qui bénéficient de l'amélioration de leurs biens, aux locataires qui décident de leur environnement et qui obtiennent le blocage des loyers.

L'affichage public laisse progressivement la place à la libre expression.

Le succès est au rendez-vous, certes imparfait, mais bien réel : aussi SDF, réfugiés et sans papiers se passent le mot et affluent sur Saint-Martin : dure affaire à gérer ; ce qui est possible pour une petite communauté semble exploser devant la montée expansionniste des demandeurs. Un centre social autogéré pour les SDF est mis en place dans un ancien hospice, mais en nombre de places forcément limitées, et avec une population qui va justifier l'intervention policière extérieure.

L'autogestion - ou plutôt une démocratie participative avancée - semble donc possible à petite échelle, et les méthodes proposées peuvent apparaître comme une forme de communalisme ou de municipalisme libertaire un peu édulcoré : l'écologie sociale de l'étatsunien BOOKCHIN ou les expériences italiennes de Spezzano Albanese semblent ici s'entrecroiser, sans s'opposer, car le pragmatisme et les expérimentations pluralistes sont au rendez-vous. Nous sommes plus proches des collectivités libertaires espagnoles de 1936-1938 qui faisaient cohabiter communisme authentique et petits propriétaires non employeurs dans une même communauté.

Le grand intérêt du livre est de proposer des formules simples, s'appuyant sur le bon sens et l'expérience des participants : une vraie utopie réaliste en quelque sorte, qui fournit (et c'est revendiqué) une «boîte à outils» et des méthodes modifiables, pas une vérité toute faite. Ce n'est pas le grand soir ni la révolution totale, mais une forme de réformisme radical qui met toujours en avant l'intérêt des utilisateur-trice-s et des citoyen-ne-s, et qui leur permet d'auto- déterminer ce qui est bon pour elles et eux.

Par contre, et c'est fondamentalement gênant, le maire reste l'élément initiateur, moteur, et modérateur. Certes c'est un vrai sage ou un vrai gourou désintéressé et œuvrant pour le bien public sans arrière pensée, mais c'est tout de même une validation de la thèse du rôle indispensable des fortes personnalités dans le mouvement historique, ce qui est une forme contradictoire avec l'autogestion.

Après, tout cela reste limité et étroitement localisé ; rien ne change en dehors de Saint-Martin de l'emprise nationale et mondiale des 3 autorités déjà définies en son temps par PROUDHON : l'autorité étatique, l'autorité capitaliste et l'autorité morale ou religieuse. La crise économico-sociale et écologique s'étend partout, nationalismes et fondamentalismes renaissent en tout endroit. Comment donc faire connaître et étendre l'expérience de Saint-Martin ? L'imbécilité étatique y pourvoit : elle fait enfermer Laurent et quelques autres personnes concernées par l'expérience. Aussitôt la solidarité, la résistance passive et la multiplicité des réseaux de soutien (comme à l'époque des LIP par exemple) font de Saint-Martin un exemple mondial, commenté en maints endroits, approuvé ici ou là. La diffusion va-t-elle gagner. L'exemple va-t-il faire tâche d'huile ? C'est ce que FOURIER rêvait en son temps à partir d'un ou deux phalanstères exemplaires.

L'ouvrage nous présente une utopie concrète, pragmatique, modeste, contradictoire et évolutive. Elle est méfiante des solutions toutes faites, elle refuse le mythe du Grand soir, elle se détache de toute idéologie fermée. Nous avons ici accès à une belle vision libertaire plus qu'anarchiste, en rapport avec l'air du temps revivifié par les nouveaux mouvements sociaux (néozapatistes ou indignados). Nous sommes loin des utopies classiques, centralistes, figées et autoritaires.

La lecture est aisée, les débats ouverts les uns après les autres jamais caricaturés. Le procédé reste un peu rébarbatif par sa répétition, mais l'entreprise vaut le détour"

Remarque : cette présentation fait partie d'un grand dossier sur quelques œuvres utopiques libertaires ou résolument anarchistes que vous pouvez consulter sur http://www.acratie.eu/FTPUTOP/U3C-FERM.DOC

Michel ANTONY - février 2013

Tag(s) : #Livres