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Chronique de la grèce, 06.04.2013

L'idée d'une sortie de la zone euro et d'un retour à la drachme semble s'installer sérieusement dans les esprits. Dans tous les blogs et sites (particulièrement celui de Panagiotis Grigoriou (post du 4 avril intitulé Hestia), le retour à la drachme est désormais présentée comme une issue inéluctable, à minima une éventualité plausible, et non plus, ce qui était encore le cas il y a quelques mois, comme une absurdité économique, une hérésie aventureuse d’extrémistes de gauche, voire un repli identitaire et nationaliste d'extrême droite.

Ce revirement idéologique a sans doute de multiples explications, parmi lesquelles la crise chypriote et l'insoutenable accroissement des mesures de rigueur sur la colonie hellénique, ne sont pas à négliger.

Panagiotis nous parlait récemment des quelques "aborigènes" des beaux quartiers, les survivants de la classe moyenne, les hauts fonctionnaires aux soldes mensuelles parfois mirobolantes de 1800€! Il nous parlait aussi de ce capitaine de ferry devenu en un jour héros national à la suite d'un abordage périlleux sur l'île de Kimolos. Une vidéo amateur a tourné en boucle sur le Net et les télévisions, comme si Isidoros Lignos, ce capitaine courage, avait sauvé toutes les îles de la mer Egée de cette insularité devenue stérile selon les normes troïkanes.

Je ne peux m'empêcher de faire un parallèle entre cette vidéo et les affiches collées sur les murs d'Athènes où l'on voyait l'île de Chypre sombrer dans la mer sous les attaques allemandes. Les espoirs déçus des Grecs face à la capitulation du gouvernement chypriote, se sont trouvés regonflés par cet exploit maritime. Non, les fameux marins que sont les Grecs ne se laisseront pas engloutir! Non, les îles dites stériles ne seront pas abandonnées! Non, l'Allemagne ne nous envahira pas quitte à réimprimer des nouvelles drachmes aux effigies de nos héros nationaux: le poète Elytis, le philosophe Castoriadis, la chanteuse Callas, la ministre Merkouri... Voilà ce que semblent nous dire les Grecs cette semaine.

Chronique de la grèce, 06.04.2013

Panagiotis nous parle aussi du congrès d'économistes de gauche où l'on a entendu quelques réflexions nouvelles dans le landerneau politique, même de la "vraie gauche". Le thème en était "Mémorandum, effondrement économique et solutions alternatives."

Nous avons peur de prendre une position claire, c'est à dire prôner la sortie de la Grèce de la zone euro, parce que nous sommes lâches” (sic) a déclaré l'économiste Kostas Lapavistsas.

"La société grecque n'est plus elle-même, tout peut arriver, Syriza doit enfin dire non à l’UE, et à cet euro que nous haïssons tous ici et au Sud de l’Europe, au lieu de tergiverser pour soi-disant ratisser large”, à ajouté une militante Syriza.

Peut-être que les thèses des économistes européens tels que Jacques Sapir, Myret Zaki, Etienne Chouard, etc. finissent par converger. Peut-être que des expériences concrètes et convaincantes comme celle de Marinaleda, finissent par attirer l'attention de télévisions telle que France 2 et de journalistes tels que Laurent Delahousse. Peut-être que l'usine autogérée Vio-Mé à Thessalonique nous prouvera que l'on peut produire autrement qu'avec les dogmes du néolibéralisme...

Tag(s) : #Grèce