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Chronique de la Grèce, 09.03.2013.

Le journal Unfollow a sorti une première page amusante : Le visage du premier ministre retouché par photoshop avec comme légende :"la politique doit être reconnaissable !... " (allusion aux photos des anarchistes torturés par la police) Dans la morosité ambiante, un peu d’humour ne nuit pas.

Cette semaine les "troïkans" ont exigé que le gouvernement leur fournisse, dans un délai d’une semaine, la liste contenant les 12 500 noms des premiers fonctionnaires à licencier rapidement. (article du quotidien Dimokratica du 6.03). Sur Réal-FM, on prévoit la fermeture cette année, de 200 000 petites entreprises contre seulement 100 000 créations.

La polémique à propos des étudiants de Larissa qui ont été intoxiqués par un braséro (deux morts et trois hospitalisés) prend de l’ampleur. On peut lire sur Greek-crisis que l’un des pères a déclaré depuis la blogosphère : "Leurs assassins portent un nom : Yannis Stournaras ministre des finances, Antonis Samaras premier ministre, Evangelos Vénizelos chef du Pasok et Fotis Kouvelis chef de la gauche démocrtatique, ainsi que tous ceux aui soutiennent leur politique d’austérité". La presse gouvernementale a rétorqué " qu’il s’agissait plutôt d’une affaire relevant de la plus grande imprudence humaine aux conséquences dramatiques". Le député Adonis Georgiadis, un FN de là-bas, en a remis une couche en déclarant "Est-ce le résultat d’une quelconque politique que de mettre le braséro en plein salon ?"

Pas étonnant que la Commission de Bruxelles soit inquiète. Elle aurait fait circuler (selon le journal To Vima, 02.03) des recommandations aux employés et cadres Troïkans devant séjourner en Grèce : "Soyez informés et évitez les endroits où des manifestations ont lieu habituellement, comme Syntagma, Omonia et Klathmonos, ainsi que la zone d'Exarchia ou de l’Ecole Polytechnique. Si vous vous trouvez au milieu d'une manifestation, évitez d'attirer l'attention sur vous-même, et rendez-vous au commerce le plus proche. Si une manifestation vous empêche de quitter les locaux où se tient votre réunion, attendez. Ne restez pas derrière les fenêtres ou dans le hall de l'immeuble regardant le cortège passer, votre présence pourrait provoquer une réaction agressive chez les manifestants […] Si possible, évitez de réserver des hôtels et des taxis au nom de la Commission. Prenez soin de vos biens sensibles professionnels. Si vous envisagez d'aller boire un verre, déjeuner ou dîner après votre réunion, ne portez pas vos documents sensibles avec vous dans ces lieux de haute fréquentation (bars, restaurants, etc.) Inventez un « petit récit de vie » à usage courant. Le chauffeur de taxi qui vous conduit à votre hôtel ou l’épicier du coin, n'ont pas à savoir que vous travaillez pour les institutions européennes. Lorsqu'on vous le demande, parlez de votre profession antérieure ou de celle de votre meilleur ami comme si c’était la vôtre."

Cette semaine sur Charlie Hebdo, Angélique Kourounis a publié un intéressant article sur la situation grecque actuelle. Le journal a donné son accord à Okéanos pour le reproduire.

A lire aussi sur Okeanews le récit de l’occupation du village d’Ierissos par les forces de l’ordre. C’est le village le plus proche de la mine d’or que le Canada s’apprête à exploiter au mépris du bon sens écologique, de la volonté des habitants, de l’intérêt même des finances grecques. Pour réprimer les nombreuses manifestations au sujet de cette mine, les policiers ont procédé à des arrestations arbitraires et brutales (dont une écolière de 15 ans), des perquisitions dans les maisons privées, de copieux arrosages de gaz lacrymogènes entraînant plusieurs hospitalisations (y compris à l’intérieur d’un collège !). Okéanos nous propose de nombreuses photos et vidéos de l’événement.

Tag(s) : #Grèce