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"Où que me porte mon voyage, la Grèce me blesse…" (Mélina Merkouri)

- On raconte à Athènes que des néonazis sont accueillis au sein de la police municipale pour exécuter des opérations douteuses. Le maire nie formellement l’existence de ce "Groupe K" composé de membres de l’Aube Dorée. D’autres, y compris employés communaux bien placés affirment qu’ils sont bien là et qu’ils seraient responsables de la mort de l’émigré poussé sur les rails du métro par des hommes en uniforme encore non identifiés…

- Le KKE dévoile au peuple de Grèce l'envoi de trois officiers Grecs au Mali, aux côtés des Français. Le KKE dénonce l'aggravation de l'intervention militaire au Mali, avec ou sans l'approbation de l'ONU. Il rejette les prétextes impérialistes (uranium du sous-sol) et qui ont pour objectif de rendre légitime l'intervention. « Il n'y a rien à faire au Mali ou ailleurs, pour un soldat ou un officier Grec. »

- Les Etudiants et travailleurs grecs de Paris publient sur leur blog une lettre ouverte à François Hollande : « …nous souhaitons attirer votre attention sur la portée de votre visite imminente en Grèce. Le gouvernement grec poursuit une politique de démolition des droits sociaux acquis depuis des décennies et accélère la ruine économique du pays, plongeant des millions de Grecs dans la détresse. Cette entreprise néfaste, contraire aux règles parlementaires et constitutionnelles, ainsi qu’à de nombreuses décisions judiciaires, s’effectue avec l’alibi de la situation d’otage dont argue ledit gouvernement et la caution d’instances étrangères -la fameuse Troïka : FMI, BCE et UE(…) Après la destruction de conditions de travail dignes pour les travailleurs, ainsi que de services publics élémentaires tels que la santé et l’éducation, il est exigé de l’Etat qu’il vende tous les biens communs, l’eau, les forêts, les ports, les aéroports, les entreprises publiques et bien d’autres. Bref, tout ce que vous-même appelez des "opportunités que les entrepreneurs français doivent saisir en Grèce" en vous faisant leur porte-parole.(…) Pensez-vous vraiment que "la page de la crise financière est en train de se tourner" ? Et comment la Grèce pourrait-elle retrouver le chemin de la croissance, tant revendiqué par vous-même, après trois ans de récession consécutive si les outils de la croissance sont tous privatisés ? (...) Nous craignons que votre visite n’apporte rien dans le sens d’une solution quelconque, dans le sens du soutien au peuple, pas plus que dans le sens d’une Europe démocratique et sociale… »

Femmes de ménage en colère....

Femmes de ménage en colère....

- Lundi matin (18/02), devant le ministère des Finances, les « nettoyeuses » comme on dit ici, autrement-dit, les techniciennes de surfaces ont dignement manifesté leur colère… motivée par les 325,88 euros gagnés en net par mois. « Voilà ce qui peut rassurer les investisseurs étrangers» commente Panagiotis Grigoriou.

-Le même jour, les habitants de Lassithi en Crète orientale, ont distribué un tract en forme de «Passeport de notre République autoproclamée », car « …Ils nous dépossèdent de la faculté, de l’hôpital, des services de l’Etat, de la marina, des salaires, des retraites et des allocations chômage… pour nous apporter des impôts, du chômage, de la pauvreté et de la déprime. Il y en a assez. Nous allons prendre le présent et le futur des nos enfants entre nos mains ».

- Le 20.02, l’économiste Jacques Sapir (repris par Okéanos) écrit un article intéressant dans lequel il explique pourquoi la Grèce « est dans une voie sans issue au bout de laquelle il ne peut y avoir que le défaut sur le reste de la dette d’ici le mois de juin (…) Les recettes liées à la TVA et aux taxes aux importations ont diminué de 10%. Pour le mois de janvier, il a manqué au budget 246 millions d’euros pour être en équilibre. Le gouvernement a donc décidé de réduire autoritairement les dépenses d’un même montant, engageant ainsi un mécanisme dont il n’a aucune idée et qui va précipiter la catastrophe (…) La Grèce est entrée dans la deuxième phase de la politique de "super-austérité", celle où les agents économiques, qu’il s’agisse des entreprises ou des ménages, fuient massivement l’économie officielle et cessent de payer les impôts. (…) "Cette politique aboutit à reproduire le déficit budgétaire contre lequel elle est censée lutter. Le gouvernement procèdera à de nouvelles coupes budgétaires qui provoqueront à la fois une aggravation de la crise économique et une accélération du mouvement de fuite de la circulation monétaire en euros, et ce jusqu’au moment où le gouvernement sera insolvable. (…) La Grèce exporte essentiellement en direction des Balkans et du Moyen-Orient. Cela implique qu’une partie importante de ses exportations sont dans la zone dollar. La hausse de l’euro, depuis 2003, a tué les exportations de la Grèce. Elle est donc sur une trajectoire qui conduit à un effondrement de son économie à relativement court terme. (…) Seul un choc politique, un renversement du gouvernement est à même de faire cesser cette spirale infernale. Il n’y a pas lieu de le redouter, mais bien au contraire de l’espérer… »

En tenant ainsi la corde, jamais Hollande n'atteindra son but!

En tenant ainsi la corde, jamais Hollande n'atteindra son but!

- Okeanos écrit le 20.02 : « François Hollande a apporté son soutien à un gouvernement qui torture ses détenus, procède à des raids dans des espaces autogérés, stigmatise les toxicomanes et les séropositifs et ferme les yeux sur les actions des néonazis (…) François Hollande aurait dû lire le dernier classement 2013 de RSF et la chute vertigineuse de la Grèce concernant la liberté de la presse, ou le dernier rapport de l’ONU qui pointe du doigt les conditions de détentions dans le pays, ou encore l’alerte du Conseil de l’Europe qui précise que les attaques racistes sont une menace réelle pour la démocratie, ou enfin, la dernière intervention de l’historien Marc Mazower qui alerte la Grèce sur le danger sous estimé de l’Aube Dorée… » Okéanos relève quelques tweets de l’Elysée qui ne sont pas piqués des vers : « S’il y a une valeur qui nous réunit, c’est la démocratie, s’il y a un projet qui nous ressemble, c’est la construction européenne. » « Nous avons gagné cette première bataille : la zone euro est sortie de la crise. Maintenant il faut investir en Grèce. » « Investir en Grèce est possible car la situation est en voie d’être stabilisée » « La Grèce a décidé un programme de privatisation. Les entreprises françaises seront présentes, car elles ont l’expérience du service public. » C’est beau comme du Papandréou !...

Ma retraite!....

Ma retraite!....

- Le 20.02, grève générale et manifestations en Grèce : 75 000 personnes ont défilé à Athènes, mais aussi dans de nombreuses autres villes. A Ioannina, Grecs et immigrés ont défilé côte à côte. C’est assez rare pour que nous le soulignions… Sur la Photo ci-dessus, un retraité d’Athènes, corde au cou, brandit dans la main droite une pancarte où l’on lit : « 201 euros… ! Ma retraite ». Et sur celle qu’il tient de la main gauche : « Parlement Grec, voleurs ! » (Photo Makis Sinodino)

- Panagiotis Grigoriou sur son blog décrit la visite de Hollande à Samaras comme "un rare moment…de vérité". Pour cause de grève des journalistes, les Grecs n’ont vu à la télé que les deux hommes politiques, descendant la rue Hérode Atticus à pied, sans voix off, sans commentaire ni analyse.

- Sur Médiapart : « Puisque les Grecs ont décidé de vendre, le président français veut être aux premières loges… », s’emporte François Coq, secrétaire national à l’éducation au Parti de Gauche. « Sur un plan intellectuel, idéologique, on peut être pour ou contre les privatisations. Là n’est pas la question (sic). C’est un programme décidé par la Grèce. Il y a des opportunités. Et bien nous devons nous les Français, prendre toute notre part… », déclare de son côté le vautour Hollande ! Vinci, Suez, EDF, Alstom,Total vont être contents.

- Signalons que Médiapart a aussi pris parti pour le blog Okéanews dans sa querelle avec la société de production Upside au sujet de l’émission d’Envoyé Spécial (A2) intitulée "Grèce : la grande braderie". Okéanos avait relevé quantité d’inexactitudes, et avait titré son post "Le grand bluff d’Alexia Kefalas". Cette journaliste, auteur du documentaire, avait demandé un droit de réponse et menaçait d’intenter un procès à Okéanos. Médiapart a attentivement visionné le reportage et lu la réponse de Kefalas et d’Upside. Leur conclusion est que « le reportage est truffé d’inexactitudes et d’omissions et donne une image faussée des privatisations en cours en Grèce (...) Il pose un problème déontologique concernant l’utilisation du commentaire… ». Saisi de cette contre enquête, le médiateur de France 2 n’a pas encore répondu.

Mendiant d'un nouveau genre...

Mendiant d'un nouveau genre...

- Place de la Constitution, un jeune homme, un tout nouveau mendiant, a pris possession de l’angle situé à droite sur l’embouchure du métro. Bien habillé et propre, visiblement il n’est pas un sans-abri, Il exhibe sa pièce nationale d’identité, sa carte d’inscription au chômage, ainsi qu’un autre document, attestant de son licenciement : « Je suis grec, je suis au chômage, aimez-moi s’il vous plaît ». La Grèce, la vraie vie…

- Lettre de Marie Laure Veilhan : Sur son blog, cette française résidant en Grèce depuis 24 ans, écrit une magnifique lettre pour annoncer qu’elle renonçait à son pays d’adoption et rentrait en France. C’est l’exil pour ses deux enfants scolarisés là-bas et ne sachant même pas lire les caractères latins, la séparation momentanée avec son compagnon, la peur de ne pas trouver mieux dans l’héxagone… A lire sur le site : http://blogs.mediapart.fr/blog/marie-laure-veilhan/170213/exil-du-chaos

- Panagiotis Grigoriou relève dans le journal To Pontikis : Certains députés de notre junte tripartite parlementaire, auraient alerté récemment Antonis Samaras sur… la météo du pays : « Les gens n’en peuvent plus. Ils ne croient plus du tout au changement potentiellement positif, puisque déjà, ils n’ont pas vu la couleur de la dernière tranche de l'emprunt («aide" de décembre 2012) accordée au pays [en réalité aux spéculateurs], car tout le monde pensait qu’une partie au moins de cette aide, aurait pu servir à revitaliser un peu le marché intérieur. Il y a un chômeur par foyer, tandis qu’au même moment, les revenus mensuels de nombreuses familles ne suffisent plus à couvrir les besoins essentiels » (To Pontiki, 21/01).

- Daphnie, 34 ans, enseignante au chômage, que Panagiotis a rencontrée à la marge de la grande manifestation de mercredi ne dit pas autre chose à sa manière : « Il n’y a plus rien à attendre de ces gens qui gouvernent. Les gens sont tellement absorbés par leur martyre qu’ils n’ont plus les mêmes réactions qu’avant. Je leur dis bonjour et j’ai l’impression qu’au lieu de se saluer, ils ont envie de mordre leur prochain, comme ça. C’est de la jungle… qui mijote dans la casserole de la Grèce. Il n’y a pas de mystère non plus pour ce qui est de notre gauche. Tout le monde sait que dans trois mois les dernières conventions collectives tomberont, les salaires seront encore amputés de 30%, et dans certaines branches du privé on pratiquera amplement le salaire tant "attendu" : 300 euros par mois. Bientôt, le droit de grève sera aboli de fait, c’est annoncé. Il restera l’esclavage et peut-être la révolte. Les syndicats, les partis de la gauche, Syriza, KKE le savent bien, mais se contentent de la contestation gentille, pourquoi ? Peut-être parce qu’ils ne peuvent pas aller au-delà, ou qu’ils ne le veulent pas. C’est une forme d’Armageddon qui arrive, jusque là ce n’était qu’un prélude ».

Sur un mur d'Athènes, Alles wird Gutt (Tout va bien!)

Sur un mur d'Athènes, Alles wird Gutt (Tout va bien!)

- D’après To Pontiki (21.02), Failos Kranidiotis, proche conseiller d’Antonis Samaras, a voulu réagir à cette phrase composée twittée par un usager des réseaux instantanés : « La violence c’est lorsque mon vieux père se présente chez le médecin pour apprendre que les dix rendez-vous gratuits ont déjà eu lieu… ils sont passés. S’il meurt, je te l’amène alors ? ». Et l’ami du premier Ministre... de rétorquer : « Avec plaisir, mais où alors le mettre ? J’ai gardé un vieux carton d’un téléviseur (en noir et blanc). Si tu arrives à faire plier son corps avant qu’il ne refroidisse, je pense qu’on pourra le faire tenir dedans ». Voilà un humour qui en dit long sur les politiques !....JFA

Tag(s) : #Grèce