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Le Porte Monnaie, une société sans argent?

Le Porte-monnaie, une société sans argent ? Jean-François Aupetitgendre

Vient de paraître aux Editions Libertaires.

Et si le système bancaire et boursier se grippait au point de rendre l’outil monétaire inopérant ? Le monde s’écroulerait-il sans la clef de voûte de l’argent ? L’auteur imagine une hyperinflation mondialisée qui contraint brutalement la société à se réorganiser, pour survivre sans euros, sans dollars, sans yens sonnants et trébuchants ! Un immeuble d’une ville de province sert de cadre à cette hypothèse. Il est occupé par un notaire, un menuisier, une institutrice, un escroc notoire, un commissaire de police etc., chacun vivant la crise à sa manière, comme un drame ou une opportunité, avec espoir ou angoisse.

Fable philosophique, fiction politique, vision prémonitoire ? C’est en tous les cas, un exercice pratique et concret, une vivante projection imaginaire, bien loin de toutes les idéologies dominantes et de tous les impératifs économiques qui nous gouvernent…

Disponible chez l'auteur (11€ plus port) ou sur le site des Éditions libertaires

Pour ceux qui voudraient prolonger la lecture de ce livre, voire s'engager dans une réflexion à plusieurs, je signale qu'un collectif fort intéressant s'est constitué sur le sujet visible à l'adresse

http://www.civilisation-sans-argent.org/fr/

Un article sur Le Porte-Monnaie a été publié dans le Monde Libertaire:

27 JUIN 2029, Nîmes, café Gambrinus. Ce soir là, les flashs d’information diffusent en boucle une incroyable nouvelle, au Brésil, à Rio, le peuple lassé de l’hyperinflation qui gangrène l’économie de la planète, de la crise, de la rigueur qui ne frappe jamais que les plus riches, brûle l’argent par brouettes entières. Par un effet de dominos, en quelques jours, le monde entier se consume dans un immense feu de joie, les billets, la monnaie, les chèques, le capitalisme. Le livre de Jean-François Aupetitgendre se lit comme la chronique forcément réjouissante de la crise ultime de la finance mondiale.

Maître Durieux, notaire, assiste effaré, ) la fin de son monde de privilèges. Durant plus de dix ans il va espérer le retour de l’Ancien Régime, c’est ainsi qu’il nomme les années d’avant la crise. Il habite l’immeuble de la Faisanderie avec quelques personnages croustillants qui vont du mafieux à l’institutrice. Une sorte d’auberge espagnole où l’on disserte interminablement su nouvel état du monde, et le tour de force de ce livre, c’est de nous montrer combien la disparition brutale du système monétaire, l’avènement de la société du don bouleversent nos vies jusqu’aux plus intimes détails.

Jean-François Aupetitgendre n’épargne aucun de nous, chacun participe à sa façon au maintien d’un système injuste et inhumain, chacun est recroquevillé sur ses minuscules possessions, voiture, meubles, maison, compte en banque et n’entend rien partager. Il explique parfaitement, mais toujours avec humour, que la classe moyenne, en voulant conserver le peu qu’elle possède, est le rempart qui protège les riches et les puissants de la colère des pauvres. Il y a du La Boétie dans ce livre, à l’instar du Discours sur la servitude volontaire, le Porte Monnaie nous rappelle que l’habitude nous rend complice su système et que la formule « soyez résolus de ne plus servir et vous volà libres » est la seule voie qui permet d’aborder une société du don basée sur le droit d’usage plutôt que la propirété privée, une société respectueuse des hommes et de l’environnement, où les voiliers de plaisance effectuent du transport maritime, où les voitures au gaz sont collectives où l’Etat disparaît au profit du bénévolat et de la gratuité généralisée. Un monde où le temps gagné sur le temps de travail permet à nouveau au facteur de discuter, de prendre un café et de tisser du lien social comme on dit. Un monde devenu, il est vrai une pure fiction.

Au-delà du récit endiablé de cette révolution, 42 notes en bas de page, tr-s amusantes, viennent expliquer au lecteur de 2040 des concepts, des idées, des métiers, des objets tombés depuis longtemps en désuétude, des mots comme : budget, amende, énarque, parcmètre, trader…

Jean-François Aupetitgendre qui nous avait déjà fait le coup avec La Commune Libre de St Martin, paru en 2012 aux Editions Libertaires, s’est sans aucun doute beaucoup amusé en écrivant ce livre, mais le Porte Monnaie va bien au-delà d’un bon moment de lecture. Il nous plonge dans la politique fiction dans ce qu’elle a de meilleur, il nous oblige à nous imaginer dans un univers absolument différent, une organisation à l’opposé de celle que nous expérimentons tous les jours dans la douleur et la colère, pour au final, nous poser une seule question : pourquoi pas ?

(Les possibles d’une société sans argent, Thierry Guilabert, ML n°1712, 27.06-3.07)

Tag(s) : #Livres