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L’historien et anthropologue grec, Panagiotis Grigoriou, a de nouveau amélioré son site Greece Terra Incognita. Ses propositions se sont diversifiées : visiter le golfe Saronique en voilier, la Thessalie, l’Épire ou le Péloponnèse en 4x4, Athènes à pied, pour un jour ou une semaine.

Vous vous demandez sans doute pourquoi donc votre blogueur fait-il de la publicité pour une entreprise touristique alors qu’il vous serine sans cesse qu’il faut se débarrasser de toute monnaie, de tout échange marchand, de toute recherche de profit financier ?  Tout en reconnaissant la contradiction entre l’écriture d’un roman préconisant la venue d’une société sans argent et cet article, plusieurs raisons me poussent à me laisser aller à cette compromission.

Tout d’abord, la Grèce est un merveilleux laboratoire du néolibéralisme où tant de choses nous permettent d’anticiper sur notre avenir à tous,  de comprendre ce que cachent les réformes en cours en France (loi travail, retraites, chômage, santé…), où les idées sur la stratégie politique communément partagées chez nous, dans les milieux de gauche, libertaires, écologistes ou anticapitalistes, sont là-bas battues en brèche par une réalité qui nous est encore  peu visible. Or, l’ami Panagiotis en parle bien, tout en cheminant dans les rues d’Athènes, en roulant vers le cap Sounion ou les montagnes épirotes, en navigant au large…

La Grèce est une caricature de l’idée reçue : On dit qu’il y fait toujours beau, que la principale ressource est l’exportation des olives, que les armateurs y sont particulièrement voraces,  que les Grecs sont inorganisés par nature,  que le non-paiement de l’impôt est leur sport favori, etc. Depuis des siècles, nous projetons nos fantasmes sur ce peuple inventeur de la démocratie, propice à l’homosexualité, individualiste en diable… Comment faire le tri entre le vrai et le faux, entre la légende et l’Histoire, sinon en compagnie d’un fin connaisseur de l’âme grecque, de sa construction millénaire, de sa chute brutale sous les coups de boutoirs de la Troïka, qu’avec l’ami Panagiotis ?

Oui, mais il est cher ton ami Panagiotis ! En effet, si l’on considère les prix qu’il pratique, bien que parmi les plus bas sur le marché, c’est cher pour une bourse de français moyen. Mais si, aux frais incompressibles de l’organisation de “Greece Terra Incognita” et au maigre bénéfice qu’il s’octroie  pour survivre dans ce contexte de paupérisation généralisée, si l’on ajoute l’analyse de l’historien, les  bons coins qui sans lui restent irrémédiablement inconnus des touristes, alors l’investissement est dérisoire. Une seule journée avec Panagiotis laisse un souvenir impérissable et la joie d’avoir à raconter, au retour, une vision aussi originale que précise de la géopolitique des Balkans. Là-bas se livre une guerre économique, sans précédent en Europe, et revenir d’un tel conflit en en comprenant l’essentiel, cela se mérite !

Enfin, Panagiotis, pour qui l’empathie n’est pas un vain mot, est entouré de chômeurs, de voisins exclus du système de santé, de laissés pour solde de tout compte par le système sur les trottoirs de la ville. Aider un Grec, c’est en aider une bonne dizaine (je parle bien sûr d’un Grec  normal, pas riche) !

Allez donc voir le site de Greece Terra Incognita, parlez-en autour de vous, faites en de la publicité auprès de votre conseiller financier, de votre dentiste, de votre voisin retraité, ou de toute personne susceptible de préférer découvrir des “terres inconnues”, plutôt que de bronzer bêtement au bord d’une piscine d’hôtel, de skier dangereusement sur des pistes à la mode, ou de s’offrir le dernier  IPhone X à reconnaissance faciale…            

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Tag(s) : #Grèce, #crise, #Tourisme