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Un suspens façon grecque…

Soit Tsipras et son gouvernement nous font un coup de poker menteur magistral, soit on assiste à une trahison incroyable. Et le peuple grec n’y comprend plus rien du tout. Partagé entre la rage, le doute, l’espoir, le désenchantement, le peuple s’impatiente, s’énerve, et suspend son pas de cigogne…

Pour certains, ces propositions seraient une feinte pour sortir la Grèce de la Zone Euro et de l’UE de façon claire puisqu’il n’y a pas de sortie immédiate dans les traités de l’UE de manière légale et diplomatique. La condition pour appliquer les propositions de Tsipras, c’est l’annulation de la dette. Ses propositions ne viseraient donc qu’à clarifier les positions des différents gouvernements européens sur le sujet.

Pour d’autres, Tsipras jouerait un jeu démonstratif. « Je suis décidé à quitter l’euro et je vais jusqu’au bout de la démonstration auprès du peuple grecque : Vous voyez, quoique l’on propose ce n’est jamais assez. »

Pour d’autres, Tsipras a capitulé et tente d’habiller sa trahison de démocratie cosmétique pour prolonger son règne.

Pourtant, le dernier sondage en date du 10 juillet réalisé par Metron Analysis donne 38,5% de confiance à Syriza, 19,1% à Nouvelle Démocratie, 5,3% à la Rivière, le reste des partis étant en dessous de 5%. La seule explication à cette durable confiance des Grecs vis-à-vis de Tsipras malgré le recul que montre le dernier projet de réformes voté au parlement mercredi soir, serait que le nombre des Grecs prêts à oser un Grexit, un abandon de l’euro, est en train d’exploser. Or le dernier sondage nous annonce que 84% d’entre eux tiennent à garder l’euro. Peut-on faire confiance aux instituts de sondage sur un sujet aussi sensible ? Personnellement, je constate que dans une petite ville de province aussi centrale et révolutionnaire que peuvent l’être en France Mende ou Aurillac, on constate une brusque montée des défenseurs de la drachme, dans toutes les classes sociales, toutes les professions. “Les touristes dépensent leur argent en Turquie, ou en Croatie au lieu de venir chez nous…”, “les salaires et retraites venus de l’étranger seraient meilleurs une fois convertis en drachmes…”, “la Grèce peut être leader dans les Balkans alors qu’elle ne sera jamais qu’une colonie germanique dans l’Europe…”, etc. Il y a deux ans seulement, seuls de rares intellectuels adeptes d’Alekos Alavanos[1] auraient soutenu la drachme et encore, du bout des lèvres.

La question se pose donc de savoir si Tsipras est un européiste convaincu et suffisamment retord pour faire avaler la pilule au peuple ou s’il sent la montée des eurosceptiques grecs et qu’il y prépare l’Europe. “Dieu seul le sait”, dit le pope du village, “ton Dieu doit être trop vieux, il est devenu sourd”, répond le militant Antarsya en partageant sa bière avec le pope…

[1] Alekos Alavanos : Économiste de formation, cet ex dirigeant de Syriza s’est rallié à Antarsya (front de gauche anti capitaliste grec), puis a fondé en 2013 le parti “Plan B” en prônant la sortie de la Grèce de la zone euro.

Tag(s) : #Grèce