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        Les résultats sont tombés hier soir et depuis, j'en connais beaucoup qui ont mal à la tête. Fallait pas faire semblant de croire que nous étions en démocratie! Fallait pas cautionner le mode de scrutin "uninominal à deux tours" quand nos meilleurs mathématiciens nous disent depuis des années qu'un scrutin "par jugement majoritaire" serait plus juste et plus représentatif de l'opinion! Fallait pas voter quand un "coup d'état" si bien préparé rendait le banquier Macron si hautement présidentiable! Fallait du cœur, fallait du flan!...  

          Macron, 23,9%! Le Pen, 21,4%, l'outsider Fillon, 19,9%, le messie Mélenchon, 19,6%. Les quatre "Grands" cumulent 84,8% des voix, les sept autres "Nains", seulement 15,2%. J'ai cherché à quoi correspondaient exactement ces chiffres par rapport au nombre réel des électeurs potentiels, c'est-à-dire, au total des citoyens de 18 ans et plus. En France, nous avons un organisme de haut vol, l'INSEE, qui sait compter. Mais curieusement, nul part il n'est répondu clairement à la question simple: combien y a-t-il d'électeurs potentiels. Il m'a fallu trouver un tableau Excel qui donne le nombre d'hommes et de femmes, mais par âge. Heureusement, Excel permet de calculer la somme des personnes nées entre 1916 ou avant et 1998. Nous étions 56,3 millions d'électeurs potentiels  au 1er janvier 2017, alors qu'on nous annonce 45,7 millions d'inscrits. Il y aurait donc 81,17% d'inscrits et 18,83 % de non-inscrits. Si l'on ajoute, à cela les 23,2% d'inscrits abstentionnistes, et ceux qui ont voté blanc ou nul et n'ont pas été comptés, il est très vraisemblable que les chiffres du scrutin ne concernent que 45,1% Français.  

     

PartisPourcentages sur 145Pourcentages sur 100
Les 2 élus45,3 %31,25 %
Les 2 suivants39,5 %27,25 %
les moyens11,0%7,59 %
les nains4,1 %2,80 %
les non comptes45,1 % %31,11%
Total145 %100 %

          Je me suis donc amusé à intégrer les oubliés des statistiques. Les non-comptés s'ajoutant au 100% des comptés, il faut ramener ce total de 145% à la proportion de 100%. Ainsi, si les deux élus affichent à eux deux 45,3% et les sept "Nains" 4,1%, dans la réalité, ils représentent respectivement 31,25% et 2,80% de l'ensemble des électeurs.

         On peut d'emblée affirmer que les grands vainqueurs de cette élection sont ceux qui n'ont pas été comptés, les 31,11% d'abstentionnistes, de non inscrits, de blancs et nuls. Ils totalisent presque les scores cumulés de Fillon et Macron! En démocratie, on devrait recommencer le suffrage... Mais on peut aussi se pencher un peu sur le scrutin par jugement majoritaire, juste pour le fun! Wikipédia vous en explique très bien le fonctionnement. Avec ce système, Marine Le Pen aurait perdu tous les votes protestataires. J.L. Mélenchon à l'inverse aurait bénéficié de mentions bien et assez bien de nombre d’électeurs de Hamon, Arthaud, Poutou, et vraisemblablement, des mentions passables des électeurs de Dupont-Aignan, Lassalle et Asselineau. Les partis dits "petits" n'auraient pas freiné l'avancée de ceux qui les devançaient. La logique mathématique nous indique que Mélenchon aurait dû obtenir 27, 7% des suffrages, soit  4,8 points de plus que Macron et 6,3 points de plus que Le Pen, si on avait opté pour le jugement majoritaire. Le mode de scrutin prévu par la V° République ne donne aucune lisibilité à l’élection, aucune concordance avec l’opinion réelle des Citoyens. Ceux qui en profitent peuvent s’en réjouir mais ne devraient pas en tirer le moindre sentiment de légitimité.  

   

          Marine Le Pen, sans cesse utilisée comme repoussoir par les médias comme par la plupart des politiques, des économistes, des grands patrons de l’industrie, va mobiliser contre elle une grosse majorité des électeurs. Dès le soir du premier tour, les commentateurs ont largement alerté l’électorat du danger fascisant du FN. Beaucoup moins nombreux ont été ceux qui ont alerté contre l’option nettement ordolibérale de Macron. Bien au contraire, nous avons entendu un grand “ouf ” de soulagement : les marchés sont rassurés, Merkel et Schäuble sont contents, les industriels enthousiastes. Le choix entre la peste et le choléra, entre l’extrême droite et la rigueur budgétaire pour les plus pauvres, s’est transformé entre le choix du fascisme ou de la croissance ! Le doute quant à l’issue du duel n’étant plus possible, les socialistes authentiquement de gauche, les Trotskistes, les Insoumis, les souverainistes europhobes eux-mêmes, vont se reporter sur Macron pour faire barrage au mal qui leur semblera le plus grave et c’est logique.

        Mais ce calcul aboutira malheureusement à offrir une forte légitimité à Macron (un minimum de 70% des voix dans le meilleur des cas) et à prendre le risque qu’il en use et abuse. La bonne stratégie, puisqu’il est entendu que Marine Le Pen sera stoppée dans son élan comme le fut son père face à Chirac, ne serait-ce pas de limiter le nombre de voix, de s’abstenir ou voter blanc ? Si seules les voix de Macron et de Le Pen sont comptabilisées, il est possible que le premier soit élu avec 52 %  contre 48%. Macron sera président puisque ainsi en ont décidé les Européistes, les financiers, les amis de Hollande…, mais avec une abstention record. Si les 34,7 % des électeurs défaits au premier tour s’ajoutent au 23,2% des abstentionnistes, nous pourrons toujours dire au président Macron que son ordolibéralisme “schäublien” n’a été agréé que par moins de la moitié de la moitié des électeurs. Ce sera un argument entendable, tant dans les manifestations de rues (que le règne Macron nous promet) que lors des législatives. Ceci dit, Macron étant un “socialiste de la droite ultralibérale”, il est capable de se choisir un premier ministre “macroniste de la gauche modérée”, Valls par exemple !!! Sanofi devrait prévoir un bon stock d'acide acétylsalicylique pour les mois qui viennent, car, on n’est pas sorti de l’auberge….  

Tag(s) : #Politique, #Démocratie, #Luttes